Concert – Docks de Londres (1988)

Feux d'artifice au concert des Docklands de Jean Michel Jarre, en 1988.L’histoire des préparatifs des deux concerts des Docks de Londres (en réalité, Docks de Newham est plus exact) des 8 et 9 octobre 1988 mérite d’être conté, car elle est pleine de difficultés. C’est la ville de Newham, dans la banlieue de Londres, qui demande au musicien français de s’y produire en concert, le 24 septembre 1988. Mais pour des raisons d’insuffisance des garanties de sécurité, cette date est annulée. Jean-Michel Jarre et les autorités locales conviennent alors de faire deux concerts au lieu d’un seul initialement, pour diminuer la prévision d’affluence et aussi peut-être, du tempérament chaud des anglais. Ce sont les docks de Newham qui seront le théâtre du premier show outre-manche de l’extravagant français. Ce site a un aspect insolite : un port désaffecté, peuplés de grues fantômes et de ruines d’entrepôts. Une véritable carte postale de vestige d’une civilisation industrielle, qui est à l’aube de sa rénovation (ou de sa révolution, c’est selon). Et pour choisir l’emplacement où auront lieu les deux spectacles, une idée assez farfelue : installer les musiciens, les enceintes et les projecteurs sur une barge flottante, au milieu de l’eau !

Jean Michel va se servir de cette toile de fond pour illustrer les nouvelles compositions de son album Révolutions, dont la chanson-titre matérialise la rencontre de rythmes synthétiques avec des instruments de musique du Moyen-Orient.

> Une météo… dantesque ! 

Seulement, pendant l’installation des instruments et de la scène proprement dite, mère nature se déchaîne : pluie diluvienne, rafales de vents, c’est une petite tempête qui prend d’assaut l’ile à musique. Jusqu’au dernier moment, les concerts (mais plus particulièrement celui du 8 octobre faillirent être annulés, pour cause d’intempérie. Pendant le show, la scène était elle-même ballotée par les flots, et de grands parapluies couvraient les instrumentistes. Rien n’est épargné aux courageuses équipes techniques d’Olivier Matabon, le régisseur du plateau. Certains claviers ont même grillés avant le concert !

Hank Marvin et Jean-Michel Jarre.Parmi les invités de marque de ces deux dates, le guitariste du groupe « the Shadows » (groupe qu’écoutait beaucoup mes parents, pour situer l’époque), Hank Marvin qui apparaît également sur London Kid. Ce dernier, flanqué de ses indéfectibles lunettes rejoint avec sa Stratocaster le clavier bizarroïde de Jarre, le Lag insecte (qui porte bien son nom) et ponctue Rendez-vous IV et London Kid de ses riffs caractéristiques. Jarre va également jouer de la harpe laser, sur Rendez-vous III, et des « percussions vocales », comme à Houston et Lyon. L’équipe musicale est d’ailleurs sensiblement la même que lors des deux shows de 1986.

Jarre a intégré les chœurs des enfants du Mali pour interpréter September, avec la soliste Mireille Pombo. Ce morceau est dédiée à la mémoire de Dulcie September, militante contre l’Apartheid en Afrique du Sud assassinée en France en 1988.

> Record d’affluence au Royaume-Uni

Jean Michel Jarre pendant les préparatifs du concert des Docklands, en octobre 1988.La Princesse Diana, qui est devenue ami de Jean Michel (cf. son hommage à Moscou, en 1997), a même assisté à la première des deux représentations, et en son honneur des images du prince William furent projetées, à la grande joie de ses sujets venus applaudir l’artiste.Ses deux concerts auront un succès retentissant jusqu’aujourd’hui : 1 million de spectateurs, deux fois 100.000 billets vendus (!), malgré une météo exécrable. Cent mille personnes en face de la scène donc, mais probablement quatre fois plus tout autour. Du jamais vu au royaume de sa Gracieuse Majesté. La communauté de fans britannique (qui a pourtant déjà beaucoup d’artistes de talent à défendre) est bien plus nombreuse que celles en France, et ses concerts y sont pour beaucoup. D’ailleurs, cinq ans plus tard, Jarre fera un tabac en jouant à Wembley à guichet fermés, ce que n’a jamais réussi à faire un musicien français autre que lui. Côté retranscription vidéo, la diffusion du documentaire de Mike Mansfield retraçant les coulisses des Docklands, lui, a été diffusée en prime time, puis relayé dans 30 pays différents ! Le disque édité sous deux noms, Destination Docklands / Jarre live, permet de revivre une partie du concert sur Compact Disc.

Encore des concerts de légende qui n’auraient jamais pu avoir lieu sans la pugnacité de Jean-Michel Jarre, de la production et de son équipe technique ! Qu’ils soient tous remerciés ici.

Track-list du concert

Première partie : Révolution Industrielle

1. Ouverture

2. Révolution Industrielle (1, 2 et 3)

3. Equinoxe, partie 5 

4. Ethnicolor 1

Deuxième partie : Swinging Cities

5. Computer Week-End

6. Les Chants Magnétiques, partie 2 

7. Equinoxe, partie 7

8. London Kid

Troisième partie : The 90′s

9. Rendez-Vous 3

10. Tokyo Kid 

11. Révolutions (avec la flûte turque et les derviches tourneurs, vidéo ci-dessous)

Image de prévisualisation YouTube

12. Souvenir de Chine 

13. Rendez-Vous 2 

14. Rendez-Vous 4

Quatrième partie : The Finale

15. September

16. Révolutions 

17. L’Emigrant (une choix de fin de concert assez original chez Jean-Michel, qui n’a pas non plus dégainé Oxygène)

Musiciens sur scène :

  • Jean Michel Jarre, Dominique Perrier, Michel Geiss, Sylvain Durand et Francis Rimbert (synthétiseurs)

  • Guy Delacroix (basse)

  • Dino Lumbroso (percussions) et Jo Hammer (batterie)

  • Guest sur Rendez-vous IV et London Kid : Hank Marvin (Guitare)

  • Christine Durand (soprano)

  • Mireille Pombo et les Choeurs des enfants du Mali (Choeurs dans September)

  • Kudsi Erguner (flûte turque dans Révolutions)

 


2 commentaires

  1. David dit :

    C’est bizarre qu’on retrouve pas oxygene dans la track-list, car il figure pourtant bien dans le CD live et meme dans la VHS sortie à l’époque?

  2. mystone dit :

    Bien vu! C’est vrai qu’il manque Oxygène 4.

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