Vangelis – Antarctica (1983/88)

La pochette du disque Antartica, de Vangelis (1983)En 1983, Vangelis signe la bande originale du film japonais de Koreyoshi Kurahara, Antarctica. C’est donc dans la foulée de Blade Runner que sort cette composition. Ce disque à la pochette blanche a été édité en 1988 par Polydor pour la France. Antarctica est l’histoire vraie (reprise depuis dans une version édulcorée par les studios Disney – Antarctica, prisonnier du froid) qui retraçe la survie de chiens de traineaux abandonnés dans l’immensité Antarctique, dans le cadre d’une expédition scientifique japonaise. Les pauvres animaux sont sans nourriture. N’ayant pas eu la chance de voir le film, je m’en remet uniquement à la musique du magicien grec du synthé, qui compose souvent directement devant les images des films auxquels il collabore.

 Le capitaine des studios Nemo fait surface avec une belle sensibilité à la couleur musicale : ni démonstratif, ni trop mélancoliques, son écriture musicale fait de merveilles sur des titres comme « Delivrance ». Mais commençons d’abord le titre qui se trouve en pôle :
Sur une progression fluctuante de nappes de synthétiseurs, Vangelis plante ses quatre notes « fatales » : du genre qui rentrent dans vos têtes comme le froid s’engouffre dans l’entrebâillement de votre blouson polaire. La programmation rythmique évoque la course limpide des chiens de traineaux sur une banquise lumineuse, avec halètements des bêtes et coups de lanières. Thème Majestueux, Antarctica sera repris plus loin dans la chanson « Song of White ». Le morceau suivant, Antartatic Echoes, est une balade nonchalante avec des nappes puissamment doublées de choeurs masculins sur les accords du thème signalé plus haut, assez proche de l’esprit de l’album L’apocalypse des Animaux. La structure de Kinematic est un héritage de Vangelis des années soixante-dix (style l’album Heaven and Hell) que l’on retrouve aussi dans Mask. Il s’agit d’un subtil jeu de dissonances qui marrie divers éléments orchestraux (cloches, tambours) et tintements synthétiques. Song of the white, ode au grand froid, est un morceau hétéroclite qui comprend un solo avec un son de flûte (amérindienne, probablement) bientôt rattrapé par le début de l’album (fin de la face A).
 


> Un disque à deux facettes

La deuxième moitié de l’album est plus audacieux, notamment avec en exergue, Life of Antarctica et le constant contraste entre les basses et les aigus, et les accents symphoniques placés en son centre. Six minutes de purs délices synthétiques. Memory of Antarctica est une reprise sobre de la piste 2, avec un son un peu plus cuivré, plus rond, et un gros effet de reverb. Vient ensuite The Other Side of Antarctica, une pluie fine de notes désaccordées, qui prend corps progressivement dans un son plus dense, au milieu d’un magma de nappes qui glisse brusquement dans les déstructurations et les atonalités. Le morceau le plus étonnant de cet album. Dernier titre qui ne laisse pas de glace, Deliverance et sa mélodie encore une fois très dépouillée clôt l’album d’une manière très convaincante. Ce chant d’espoir emprunte la forme d’un gospel électronique plein d’emphase, pour évoquer le sort des chiens de traineaux dont je parlais au début que j’avais quelque peu délaissés le temps de ma critique.  Malgré quelques répétitions, ces quarante-cinq minutes de paysages sonores purs forcent le respect. Le spécialiste made in synthé des B.O. apporte la démonstration que nature cinématique et musique synthétique riment toujours aussi bien ensemble. 



> Track-list d’Antarctica (45 minutes total)

 

  1. Theme [from Antarctica] (07:29)http://www.dailymotion.com/video/5CVnvhHYQbA6d1jWk
  2. Antarctica echoes (05:58)
  3. Kinematic (03:50)
  4. Song of white (05:17)
  5. Life of Antarctica (05:59)
  6. Memory of Antarctica (05:30)
  7. Other side of Antarctica (06:56)
  8. Deliverance [from Antarctica] (04:30)

Lire aussi : Vangelis et le synthétiseur, avec une bio et une discographie sélective.

 


2 commentaires

  1. VERIDIS dit :

    Le film passe rarement à la télé (mais dispo sur internet si on cherche bien) et pourtant il vaut le detour, un hommage dur et bouleversant accompagné de la musique de Vangelis. Une BO à posséder avec Bladerunner, 1492 et Chariots of Fire.
    ..::Webmaster::.. J’essaierai de signaler les films qui passent à la télé. Les trois B.O. que vous venez de citer vont être ou sont déjà critiquées.

  2. STEPHANE dit :

    a l,ecoute de cet album j,avais vraiment l,impression d,étre au pole nord!!

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