Mike Oldfield – Hergest Ridge (1974)

La pochette de l'album 'Hergest Ridge'On dit souvent que le deuxième album est le plus difficile à réussir. Après le succès phénoménal de Tubular Bells en 1973, Mike Oldfield relève pourtant ce défi avec brio, en reprenant l’essentiel des recettes de son glorieux prédécesseur, que je vais vous détailler en gastronome de bon sons que je suis (et j’espère vous aussi).

Hergest Ridge, ce sont deux plages de « verdure » musicale respectivement de 21’40 et 18’51. Le nom de l’album se réfère à la propriété que Mike s’est offert avec les bénéfices de Tubular Bells Après une courte séquence de sons planants, le morceau prend son envol rythmique à la guitare par un chapelet de trois notes, sur lesquels viennent bientôt se superposer diverses guitares et orgue électronique. Dans la première partie, Mike Oldfield fait tournoyer sa guitare (électrique, puis espagnole, acoustique)  au son si particulier avec dextérité et « feeling ».

En contrepoint, Mike Oldfield a fait appel à quelques instrumentistes, notamment un joueur de hautbois et de trompette : magnifique contraste, riches échanges. Mais l’essentiel des instruments est tenu par le jeune homme de 21 ans. Dans la treizième minute, la guitare basse d’Oldfield brode l’ébauche subtile d’un morceau dans le morceau (le deuxième ou troisième selon comment l’on conte), qui s’épanouit, dans l’atmosphère de cloches. La guitare lead se cale parfaitement dans le giron d’une mélodie qui progresse régulièrement dans les aigus, jusqu’à des grandes tenues de guitare qui se choque en catharsis avec glockenspiel, piano et chorale. Cette dernière partie (voilà, comme cela, pas besoin de compter) de la partie une a été reprise dans les nombreux best-of de Mike Oldfield. À titre personnel, j’ai toujours trouvé une forte ressemblance entre la fin du morceau et le thème de Mission, d’Ennio Morricone. Du grand art !

> Un sentiment mi-figue, mi-raisinLa deuxième partie, prend la forme d’un paysage serein fait de sonorités électroniques douces posées sur un accompagnement de guitare sèche. On peut noter ici la prestation de la soeur de Mike, Sally Oldfield, dans les choeurs, avec Clodagh Simmons. La mandoline rentre aussi en scène. Mais l’orage gronde bientôt sur la colline verte de Mike Oldfield : un déluge de guitare électrique fait bientôt naître l’angoisse chez l’auditeur. Ce passage, qui dure presque six minutes, qui sonne « hard » avant l’heure, est hélas très répétitif, et manque quelque peu de relief. Mike a toujours su surprendre ses auditeurs, mais là, ce n’est pas en bien. Heureusement, l’album se conclue par l’intervention convaincante d’une guitare acoustique, appuyé par de belles nappes de synthétiseurs. Pour l’anecdote, l’album a remplacé à la première place des charts britanniques un certain.. Tubular Bells ! À noter que la version originale de 1974 contient quelques différences avec les versions pressées ultérieurement, puisque Mike Oldfield a révisé ce disque et en a allégée l’instrumentation. Le disque original est donc devenu objet de culte pour tous les fans de l’artiste anglais.

> Recommandation

Selon moi, l’auditeur aura tout profit à commencer par Tubular Bells avant d’écouter ce disque-ci, car s’il n’est pas charmé par les riffs déterminés et les mélodies hypnotiques qu’il contient, il n’appréciera pas davantage ces belles mélodies, que forment Hergest Ridge (et sa pochette assez peu attirante), et se contentera d’écouter des best-of (comme moi jusqu’à une certaine époque). Ce disque a bien sa personnalité à lui.

> Lire aussi : Mike Oldfield et le synthétiseur

 


Un commentaire

  1. Tallieux Frédéric dit :

    Tubular Bells a certes le monopole de la nouveauté, mais je préfère de loin Hergest Ridge, surtout le premier mouvement dont la progression mélodique et les arrangements harmoniques (Ah, ce choeur qui conclut le morceau !) sont absolument superbes. Que d’invention chez Oldfield !

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