Vangelis – L’Apocalypse des animaux (1973)

Vangelis – L’Apocalypse des animaux (1973) dans B.O. de films 61Y%2BuQPFdzL._AA240_Condensé de quelques-unes des illustrations sonores de Vangelis pour la série de Frédéric Rossif, l’Apocalypse des animaux, diffusée en 1970. La musique date donc de cette époque. Six épisodes de cette série animalière furent tournés, et la bande originale n’en restitue que les moments. À l’époque de la composition de l’album, 1970, Vangelis est encore membre du groupe Aphrodite’s Child. C’est le sixième album studio de Vangelis, qui avait inauguré ce décompte avec la bande-originale (déjà) d’un film : « Sex Power » d’Henry Chapier en 1969. Il est enregistré au studio Europa Sonor. C’est la première collaboration entre les deux hommes, qui culminera musicalement avec l’Opéra Sauvage, en 1979.

Au lieu de plages purement électroniques, Vangelis a intégré des chants et des mandolines et guitares acoustiques pour renforcer la chaleur de son propos.  L’album dégage une forte mélancolie, en dehors de deux pièces courtes et plus vives : le thème de la série, intitulée « Générique » et « l’ours musicien », ce sont des longues nappes de synthétiseurs qui incitent à la rêverie. Le générique de l’Apocalypse des Animaux est bâtit sur un atypique rythme à deux temps à l’africaine. C’est une mélodie qui tourne sur quatre notes qui connait des pauses et des démarrages successifs. La petite fille de la mer, l’un des, si ce n’est le premier(s) tube(s) de Vangelis, agit du charme paisible d’une mélodie qui évoque une berceuse. Un morceau un peu lisse à mon goût, mais dont les éléments s’assemblent avec une science assez stupéfiante pour cette époque (1973).



> Deux coups de coeur

Une pochette aternative de 'l'Apocalypse des Animaux', en 1973.Viennent ensuite deux morceaux me tiennent particulièrement à cœur : il s’agit de « La Mort du loup » et sa mélodie subtile, et « le singe bleu », qui se présente comme un morceau de free-jazz. Parlons d’abord du singe bleu. Cet animal bizzare est formé d’accords joués d’une manière très déliée, qui sert de toile de fond à une trompette qui déroule un thème rond et enveloppant, avant que le clavier lunaire de Vangelis ne semble comme se trouver un point d’équilibre autour d’une note, autour de laquelle s’enroule avec souplesse le trompettiste.

« La Mort du loup » est d’une nature plus atmosphérique sans cesser de développer une mélodie de grande qualité. La guitare espagnole mène un duo de sons synthétiques doucement  via des tons plus aigus vers un « plateau » qui permet au bourdonnement de ses cordes de se fondre dans les deux autres.

L’ours musicien reprend le son cristallin du lead de La petite fille, mais la construction rythmique des crashs de cymbales participent presque autant à la personnalité de ce court morceau (une minute au compteur) qui se termine [un peu trop] brutalement.


> Face B

Verso de la pochette de 'l'Apocalypse des Animaux', représentant un gorille.Les deux morceaux qui referment ce disque sont du registre New Age au sens où on l’entend habituellement : de longues plages de synthétiseurs en suspension, ponctuée ça et là de bruitages ésotériques ou de ponctuations synthétiques, comme des montées de claviers. Il n’a échappé à personne que nous sommes aux tous débuts de l’ère du synthétiseur, et que le registre actuel doit beaucoup à des titres comme ceux-ci. « Création du monde » procède ainsi de deux crêtes musicales qui engloutissent sous elles de longues notes aigus et réverbées. « La mer recommencée » impose une note tenue, sur laquelle se greffe au fur et à mesure des entrelacs de notes dispersées et d’un flot de percussions étouffées qui simule le remous de l’océan.


> Un sentiment d’entre-deux

Une fois de plus, ce disque de Vangelis me pose un problème d’appréciation : si je me sens porté par certaines de ses ambiances, d’autres moments à l’intérieur de celles-ci contrarient mon plaisir d’auditeur. Pour l’anecdote, un vendeur de la Fnac a apposé une petite étiquette sur le devant de l’album : « le disque le plus doux de Vangelis. » et c’est bien vrai. Disque que mes parents écoutaient en boucle chez moi, je pense en avoir saisi la beauté et les limites en appréciant encore davantage les Vangelis postérieurs. Sans avoir d’images sous les yeux, les animaux et les hommes (toujours des chasseurs dans le film) défilent en écho à la musique. Les mélodies touchent les sens, mais l’ensemble se dilue parfois dans un sentiment de répétition qui n’est parfois sauvé que par des apports extérieurs aux claviers. Peut-être aussi que l’apport du piano classique sur « l’Apocalypse » me manque un peu.


> Track-list

  1. Apocalypse des animaux – Générique (1:25)
  2. La petite fille de la mer (5:53)
  3. La single bleu (7:30)
  4. L’ours musicien (1:00)
  5. La mort du loup (3:00)
  6. La création de monde (11:25)
  7. La mer recommencée (5:50)

Lire aussi : Vangelis et le synthétiseur.


> Dans le même style

  • Les acheteurs de ce disque sur Amazon.fr ont aussi acheté : The Friends Of Mr. Cairo ~ Jon & Vangelis / Oxygene ~ Jean Michel Jarre / Dark Side Of The Moon ~ Pink Floyd
 


5 commentaires

  1. veridis dit :

    Premier album de Vangelis que j’ai acheté en cassette. J’ai été très déçu par cet achat au départ, j’étais en 3ème et je pense que j’ai été trop jeune pour apprécier cet album à sa juste valeur. Aujourd’hui j’ai 30 ans, je possède l’album en cd et j’aime beaucoup l’écouter. La petite fille de la mer et la mort du loup restent pour moi les deux meilleurs morceaux de cet album et le côté planant de « la création du monde » ne me déplait pas. Bien entendu « l’opéra sauvage » qui suivra sera d’un bien meilleur cru. Ces deux albums se completent très bien, un peu comme oxygene et equinoxe chez Jarre…

    ..::Webmaster::.. On est souvent déçu par les premières écoutes de tel ou tel disque. J’ai toujours le 33T de l’Opéra Sauvage, mais je pense qu’il mériterait d’être réécouté, je garde d’ailleurs un oeil sur le sondage que j’ai ouvert sur Vangelis pour pouvoir préparer mes futures critiques.

  2. STEPHANE dit :

    un album tres contines,un homage a la nature,on est « transporté » d,un bout a l,autre ,ça m,a fait penssé a un maitre d,école qui r,aconterait une histoire imaginaire a ses élèves.l,emotivitée de VANGELIS est bien retranscrite sur cet album.A faire ecouter au fan de la 1er heure.

  3. fred dit :

    vinyl à vendre sur FIND RECORDS si personnes intéressées !!!
    http://find-records.blogspot.com/

  4. Pierre dit :

    Magnifique album, très mélancolique, et ce qui est (à mon sens) rare chez Vangelis, assez dépouillé et pas du tout pompier ou grandiloquent.
    La « Création du Monde » est un morceau stupéfiant (au sens propre!)

  5. Gobion Didier dit :

    J’ai toujours considéré cet Album comme un Chef D’Oeuvre. L’Atmosphère globale qui s’en dégage a quelque chose de biblique. On a presque le sentiment que Vangelis entend le language de Dieu particulièrement dans le titre « Creation du Monde ». Quand à la musique elle semble miraculeusement inspirée , minimaliste et essentielle. Pour moi un disque de légende.

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