Air – Moon Safari (1998)

Pochette de l'album 'Moon Safari'.Air commence à enregistrer les premiers morceaux de Moon Safari en 1997, sous le patronage de Jean-Jacques Perrey, avec lequel il signent le titre Remember. Le duo versaillais Air a contribué à mettre sur orbite l’expression « French Touch », qui désigne dans le monde entier la fibre émotionelle de la musique électro française et cette capacité des artistes électroniques français à faire de bien plus gros cartons à l’étranger qu’à l’intérieur de l’hexagone. Le gros de l’album est enregistré à Paris. Jean-Benoit Dunckel (synthétiseurs) et Nicolas Godin (basse électrique et acoustique, guitare et synthétiseur). Les synthétiseurs les plus utilisés sont des vieux analogiques (des années 70 et 80) au son monophonique : korg MS20, et mini moog pour les mélodies, clavier solina pour les cordes. Une partie de l’album est enregistré pour la parties cordes symphoniques dans les mythiques studios d’Abbey Road, à Londres par David Whitaker. Le disque sort en janvier 1998, et ils empochent l’année suivante une Victoire de la musique dans la catégorie « Techno / dance » (sic) bien méritée.  

> Un univers sucré

Le duo de Air (Nicolas Godin à gauche, Jean-Baptiste Dunckel à droite)La pochette de l’album, par Mike Mills, transcrit les traits des jeunes versaillais à l’encre de chine, ce qui contribue à l’aspect désincarné de la musique. Les clips d’Air contribuent beaucoup à l’aspect rétro-futuristede ce premier album. Un peu comme si le voyage auquel le tire fait référence nous ramenait à la charnière des années 70 et 80, dans un climat planant et insouciant. Il y a trois types de morceaux dans ce Safari : les instrumentaux (« La femme d’Argent », « Talisman », « Ce matin-là » et « le Voyage de Pénélope »), qui portent tous des noms français, et les autres, vocaux, avec des paroles au vocabulaire très primaire, qui sont soit illustré par la voix chaleureuse de Beth Hirsch, « All I need » et « You make it easy », soit reprises par des vocoders « New star in the sky », « Sexy Boy » et « Kelly, watch the stars ». Ces deux derniers titres seront sortis en single avec un succès certain, et permettent d’atteindre le public anglo-saxon. Les comparses avoueront un réel attrait pour les disques des Beach Boys (Pet sounds), et bien sûr les Beatles (Il y a au moins deux clins d’oeil à Lucy in the sky with diamonds sur le disque). Dans ce disque, aucun sample, et de vrais solos bien solides : la formation classique de Jean-Benoit est patente quand on sort des pistes « disco » pour arriver à la composition de pistes atmosphériques ou jazzy.

Il me semble qu’Air a adopté le dispositif de Jarre avec une alternance de morceaux doux et de morceaux plus vifs et accrocheurs, d’une piste sur l’autre. Le piano « céleste » d’Air, ses Rythmes chaloupés, bruitages électroniques assez « bruts » et « instinctifs » se mettent en place progressivement dans des morceaux aux tempos amoindries. Le vocoder sert de catalyseur à l’expression d’un vision très  »Japan Anim » d’une sorte de grammaire universelle. Je trouve dans les textes (majoritairement en anglais) un parfum d’adolescence et de ferveur romantique. Un disque superbe, sans doute l’un des meilleurs des années 90, que j’aurai le plaisir de présenter d’une manière plus détaillée dans une critique plus détaillée.

> Track-list

  1. La femme d’argent (7:08)

  2. Sexy boy (4:57) Image de prévisualisation YouTube

  3. All I need (4:28)

  4. Kelly watch the stars (3:44)

  5. Talisman (4:16)

  6. Remember (2:34)

  7. You make it easy (4:00)

  8. Ce Matin là (3:38)

  9. New star in the sky – Chanson pour Solal (5:38)

  10. Le Voyage De Penelope 

> L’édition du trentième anniversaire

Air - Moon Safari (1998) dans Air miseajour1 À l’occasion des dix ans de Moon Safari, le disque aux deux millions d’exemplaires vendus dans le monde, EMI, a créé un coffret collector pour tous les fans du groupe. Voir l’article.

 


3 commentaires

  1. Pascal dit :

    « Une partie de l’album est enregistré pour la parties cordes symphoniques dans les mythiques studios d’Abbey Road »

    annecdote : on apercois plusieurs fois Nicolas Godin
    dans « Chaos & Creation at Abbey Road » car il est fait partie du minuscule public.
    Pour ceux qui ne connaissent pas, « Chaos & Creation at Abbey Road  »
    est un doc/live où Paul Mc Cartney retourne au studio Abbey Road pour y faire la démonstration musicale de ce qu’à été le travail des Beatles dans ce studio. On y vois par exemple une démonstation du MELLOTRON (utilisé par JMJ), ce qui est assez fabuleux.
    http://www.youtube.com/watch?v=_oZqEiRKV5E
    ..::Webmaster::.. Exact. C’est d’ailleur un peu le meilleur genre de climat de concert que celui que donne Jarre à Marigny en ce moment. Merci pour le lien…

  2. Julien dit :

    Je connaissais Air par le biais des morceaux passés à la radio : sexy boy, kelly watched the stars, radio number one….il y a quelques jours je me suis plongé sérieusement dans leur oeuvre, en commençant bien sur par Moon Safari, je suis tombé amoureux de cet album, c’est vraiment très planant et ça nous fait voyager des seventies vers les nineties, en passant par les eighties bien sur… C’est très mélodieux et ça m’a plongé dans une sensation de bien être que je n’avais pas ressenti depuis un moment…..bref un très bon album avec mes petites préférences : la femme d’argent, remember, talisman, sexy boy, kelly watched the stars et ce que je considère comme LA perle de cet album (un peu comme Mike Mills pour Talkie Walkie), new star in the sky (que j’écoute en boucle).
    Je vais me plonger dans le suite de leur oeuvre, j’ai hâte….

  3. Marie dit :

    Pour regarder tous les clips ca se passe ici : http://www.allformusic.fr/air/moon-safari

    Sinon cet album est mon préféré de Air, jkiffe trop ce genre de musique planante :)

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