Pierre Schaeffer, le maître de Jarre

Pierre Schaeffer, pionnier de la musique électronique.Pierre Schaeffer est d’une importance essentielle pour le jeune musicien, mais aussi pour un pan entier de la théorie de la musique. Je vais tenter de revenir quelques instants sur sa riche carrière, sans trop vous bourrer la tête de date.

Polytechnicien, résistant pendant la deuxième guerre mondiale, période à laquelle il entre à la radio, Schaeffer s’intéresse aux procédés d’enregistrement de la musique extrêmement vite. Le premier ouvrage de ses études, intitulé « Etudes des bruits », est édité dès… 1948, deux ans avant la création du GRMC (Groupe de Recherches Musicales Concrètes) en 1951, l’ancêtre du GRM, dont se sera la nouvelle appellation en 1958.


> Les premières expérimentations 

Schaeffer est connu du grand public pour avoir composé La symphonie pour un homme seul en 1950, première œuvre de musique concrète, dans la salle de l’Ecole Normale de musique, en collaboration avec Pierre Henry. Elaborée avec des microphones, c’est probablement elle qui lance dans la deuxième moitié du siècle musical l’irruption d’un nouveau style de composition hors du classique. Le chorégraphe Maurice Béjart montera d’ailleurs un ballet sur cette musique d’une autre planète en 1955. En 1953, les deux Pierre (Henry et Schaeffer) enfoncent le clou avec le premier Opéra concrète, Orphée, qui a lieu en Allemagne, et dont l’accueil est plus que mitigé.

Inventeur de la musique concrète, Pierre Schaeffer se présente avant tout comme un expérimentateur. Tour à tour compositeur, poète, romancier, homme de radio et de télévision, il s’est essayé à de nombreuses formes d’expression artistique.  (Alain Bonardi)


> Electronic music live in your living room

Ses travaux expérimentaux, ont un pendant germanique avec ceux du compositeur d’avant-garde Karlheinz Stockhausen (son électrique Le chant des adolescents remonte à 1956) en Allemagne, au studio de musique électronique de Cologne, et du WDR. En fait, je ne fais que citer les deux plus importants représentants de ce courant, mais il y en a un certains nombre d’autres. Il y a un côté Professeur Tournesol chez Schaeffer. Son rôle est éminent du côté philosophique sur le travail du son et de ses propriétés. On lui doit cette célèbre formule : « Tout son est musique, dès lors qu’il est transformé par l’homme ». Son « Traité des objets musicaux » (1966) dresse un portrait analytique, quasiment clinique du son, classés selon différents paramètres. On y apprend qu’il n’y a pas de différence de nature entre le bruit d’une porte qui claque et le ré d’un piano Steinway : ce sont tous les deux des entités musicales. C’est grâce à son influence en interne que le grand public pourra découvrir la musique de Robert Cohen-Solal, les Shadocks, à l’ORTF, en 1968. Ce dessin animé de Rouxel, narré par Claude Piéplu, est à ma connaissance le premier dessin animé à intégrer de la musique concrète. On imagine mal le choc à l’époque de cette musique qui s’invite dans votre living-room et le courrier d’oreilles outrées qui a dû suivre ! Pour en revenir à Pierre Schaeffer, il quitte la direction du GRM en 1971, puis le Conservatoire de Paris en 1980. Décédé en 1995, Jarre lui dédiera l’album Oxygène 7-13 en 1997. 

 


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