Wendy Carlos – Une femme peu classique

Photo récente de Webdy CarlosWendy Carlos est une personnalité à part dans la musique électronique. Né à Rhode Island en 1939, pionnier du genre dans les années 50, Walter Carlos (de son nom et son genre d’origine) a popularisé l’utilisation du synthétiseur au plus haut niveau mondial. Ses études ont mêlées musique et physique. Il a créé son propre studio de musique électronique dès l’époque reculé de la synthèse naissante, avec des bandes magnétiques enregistrées. Ami(e) de plus de quarante ans de Robert A. Moog, le célèbre inventeur du clavier du même nom, Walter utilise l’un des premiers Moog pour interpréter des grandes pièces pour clavecin ou clavicorde de la musique classique, essentiellement  du XVIIIe siècle.


> Switched-on-Bach    

La pochette de Switched-on-Bach (1968)Son premier disque sera un best-seller, il s’agit de Switched on Bach, en 1968. Walter se verra objecté au fait que sa musique puisse prendre place dans les rayons classiques des disquaires le fait que le processus de fabrication de sa musique, avec oscillateurs, contrarie au principe même du classique. Mais, parmi les professionnels de Bach, quelques-uns (notamment le pianiste Glenn Gould) applaudiront son intreprétation limpide des concertos brandebourgeois. L’interprétation des morceaux est aussi millimétrique que peut être l’esprit du natif d’Eisenach. La pochette de l’album, très amusante, représente un digne sosie posant devant le premier clavier modulaire Moog. Ce disque aura pas mal de séquelles discographiques. Ainsi, dans une édition revisitée de l’an 2000, intitulé Switched-on-Bach 2000, des écrans d’ordinateurs et un synthétiseur numérique prendront la place des antiques instruments.

> Well-tempered Synthetizer    

L’année suivante, Changeant de sexe en 1969, Walter devient Wendy Carlos. Il est d’ailleurs rare de trouver une photo d’avant sa transformation. C’est aussi cette année-là qu’elle réalise Le Clavier bien tempéré, au Moog Mark III. Le titre de l’album fait référence au cycle de préludes et de fugues de Jean-Sébastien Bach, sa grand œuvre reçue comme un sillon pour toute la musique classique après lui. L’album comprend aussi bien des interprétations de sonates de Scarlatti que des pièces de Monteverdi, d’Haendel, de ce cher J.-S Bach, bien sûr, plus un long et passionnant commentaire personnel. La musique comprend des enluminures électroniques, ainsi que plusieurs couches de synthétiseurs superposées, véritable gageure (enregistré sur un magnéto huit pistes !). La pochette de cette deuxième contribution électrique au monde du classique est une galerie de portraits de toutes ces têtes perruquées  dans un couloir digne de 2001, Odyssée de l’Espace. Le disque, encore plus baroque que l’hommage à Bach, distribue de beaux contrastes.


> Wendy au cinéma    

La notoriété de Walter/Wendy explosera avec la bande originale du long-métrage « Orange Mécanique » de Stanley Kubrick en 1971. Kubrick préférait la musique classique pour ses films, même si sur ce projet précis il pensa aux Pink Floyd en pleine période de musique angoissante. La bande  »originale » ne l’est donc pas du tout reprend des bribes de la symphonie n°9 de Beethoven, reprise à de nombreux passages du film, avec divers arrangements électroniques, avec la complicité de Rachel Elkind. D’ailleurs les chats qui figurent dans le film sont les propres chats de « madame » Carlos. Elle signera également les B.O. du film d’animation Disney peu connu « Tron » et retournera auprès de Stanley Kubrick, pour le film d’horreur « The Shining ».Wendy Carlos prendra le train des technologies numériques de bonne heure, étant une adepte de MIDI, puis se passionnera pour l’aventure logicielle récente des instruments virtuels.La musique de Wendy Carlos clive le monde de l’électronique entre ceux qui n’y voient qu’un apport opportun au rayonnement de la musique classique dans la modernité et ceux qui la présente comme l’une des représentantes les plus en pointe dans l’histoire de la musique électronique.> Voir aussi : Le site officiel de Wendy Carlos.

 


4 commentaires

  1. veridis dit :

    les reprises classiques au claviers de Wendy me font penser à un autre synthetiste, le japonais Tomita :)

  2. Frank Boisgontier dit :

    « Orange mécanique » doit beaucoup à sa musique, et celle-ci peut s’écouter sans problème sans le film. Je n’en dirais pas autant de « Switched on Bach » qui, hormis l’exploit technique et l’intérêt historique, est un peu âpre (ou acre) à écouter, trouve-je. Le site internet de la dame est assez fouilli, très, très bavard et assez intéressant (sauf quand elle parle de ses chats et des éclipses, mais c’est une opinion toute personnelle :-) )

  3. Jack dit :

    Wendy Carlos écrase à mon avis les sous-daubes produites par JM-Jarre mais chacun ses goûts n’est-ce pas, les gauloiseries ou bien la musique :)

  4. jerome dit :

    Hé ! Jack ! T’as pas le lien vers un blog sur Wendy Carlos, qu’on aille y dire des choses constructives aussi ? ;-)

Répondre

BLOG DES AMIS DE GEORGETTE ... |
impressionism |
lorie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Matt Pokora
| Clan d'estime
| blog de Nicolas Caumont