Suite de notre biographie à tiroirs, la période 2002 à nos jours recele pas mal de déceptions du point de vue des fans. Quelques coups d’éclats : Geometry of Love, Aero, sans oublier, bien sûr, la nouvelle jeunesse de Jarre avec l’anniversaire évènement de l’album Oxygène.
> 2002 : Des nouveaux styles de concert
En avril 2002, Jean Michel Jarre s’intègre pour la première fois à la programmation du Printemps de Bourges pour jouer un mini-concert de 4 morceaux, dont deux titres inédits. Le public est aussi est mini : l’intimité du concert en sort renforcé. Il partage l’affiche avec un DJ belge, Soul Designer, et joue dans la toute petite salle du Palais Jacques Cœur, avant de conclure par un débat sur la musique électronique. Sa prestation sera mise en ligne sur le site musical de Mac, Itunes, ce qu’un certain nombre de fans regrettent. 2002 est le début de la relation entre l’actrice Isabelle Adjani et Jean-Michel, romance qui durera jusqu’en 2004 et qui fera les gorges chaudes de la presse dite à scandales.
Cette année 2002 marque aussi un tournant dans le monde des concerts de Jarre : il n’y a plus que deux claviéristes sur scène, plus quelques guests, et plus d’instruments rock. Exit donc la batterie, la basse. À la manière des concerts des Docklands, la météo devient erratique, et l’enthousiasme du public lui permet d’oublier le terrain de boue qu’est devenu le site des éoliennes d’Aalborg au Danemark. Le concept d’Aero est né sous la pluie, devant 40 000 spectateurs !
> 2002-2003 : Deux disques (presque) inaperçus
2002 est aussi l’année du dernier disque de Jean Michel sous le sigle Francis Dreyfus Music. Il s’agit de Sessions 2000, un disque déroutant qui comporte six titres dans une veine jazzy. Cet album ressemble plus à des maquettes qu’à des morceaux qui forment une réelle cohérence. Les relations entre les deux hommes seront depuis lors « très compliquées ». Ainsi, les concerts de Jarre (notamment celui de l’an 2000) ne sont pas sur le point de sortir en DVD, et c’est regrettable.
2003 sera une année tonitruante sur le plan personnel, mais côté professionnel, la discrétion est entretenue. Jean Roch, le patron du club parisien VIP room lui commande un album electro-lounge. Geometry of love bénéficie d’un tirage limité. Cet album sombre et austère s’éloigne quelque peu des mélodies jarriennes pour composer huit pièces sur le thème de la sexualité. Vous noterez que sur la discographie officielle, il n’est fait mention nulle part de Sessions 2000 et Geometry of Love.
> 2004 : Aero, la révolution sonore
Après un été marqué par un chassé-croisé amoureux, et la signature d’un contrat chez Warner music, la fin de l’année 2004 permet à Jarre de lancer Aero, un album qui a la particularité d’être enregistré en multicanal 5.1. Tous les standards de Jarre ont été réenregistrés et certains réorchestrés, aux côtés de 4 inédits. Jarre dit avoir voulu retrouver la sensation qu’il avait au GRM où il était lui même entouré de haut-parleurs. L’album est parfait sur le plan du son, mais en guise de piste vidéo pour le DVD, seul un long-plan séquence des yeux de sa compagne Anne Parillaud est disponible, ce qui fruste un peu ses auditeurs (même si ses yeux sont, de fait, très jolis).
> Pékin ou le Jarre « médiatique »
Le 10 octobre, il se produit à Pékin dans le cadre de l’année de la Chine en France, pour donner le premier concert au monde en 5.1, toujours aux côtés de l’inséparable Francis Rimbert. Avec deux orchestres chinois (un classique, l’autre traditionnel chinois), Jarre livre une prestation sans âme, visage fermé, en dehors de la devise qu’il lance à la télévision chinoise devant un milliard de téléspectateurs, et en chinois : Liberté, égalité, fraternité ! Deux DVD successif, dont un complet en son THX, sont disponibles sous les noms Live à Pekin et Jarre in China (à ne pas confondre avec les Concerts en Chine de 1981). On s’aperçoit de toutes les difficultés Jarre a dû triompher pour imposer ses idées et ses musiciens aux autorités pékinoises. Un beau livre sur Pékin sort ultérieurement.
> 2005 : Ici Gdansk, salut Jean-Paul !
Avril 2005, nouveau concert, dit Space of Freedom, mais cette fois sur la terre polonaise, à la demande du fondateur du syndicat Solidarnosc, Lech Walesa. Jarre est très populaire là-bas. Patrick Rondat, à la guitare électrique, est aussi de la partie. Jarre retravaille la chanson des ouvriers à sa manière pour le faire reprendre au chœur les 170.000 (!) spectateurs présents. Jarre rend hommage a feu-le-Pape Jean-Paul II, décédé peu avant, avec une chanson spéciale. Jean Michel avait rencontré presque vingt ans plus tôt, Le concert est retranscrit en DVD en décembre, avec une version comprenant un CD live.
Le 10 septembre, Jarre participe à une fête pour le lancement d’une chaine culturelle de télévision Haute Définition Belge (ou devrai-je dire, flamande !), EXQI Flandre. Il y « interprète » des extraits du disque Aero baigné d’une douce lumière bleue.
> 2006 : Jarre traverse le désert L’année 2006 est très longue pour les fans… En dehors d’un disque consenti de reprise des tubes de Jean-Michel par un orchestre classique, The Symphonic Jean-Michel Jarre, consuit par le chef Nic Raine, le temps parait incertain. En effet il faut attendre décembre pour que Jarre ne concrétise un projet de concert dans le Sahara marocain, sur demande de l’UNESCO. Le concert, intitulé Water for Life, est planté en plein désert avec des murs-écrans sur lesquels défilent des messages écologistes. À part l’intro en forme d’inédit « Intro saturée », le concert ressemble beaucoup à Gdansk mis à part un Jean-Michel et un Francis plus couvert (il fait froid la nuit dans le Sahara) ! De belles versions d’Oxygène II et de Millions of Stars plus tard, Jarre promène son clavier portable ou sa flute midi de part et d’autre de la scène, au milieu des instrumentistes marocains. Le morceau Revolution est rebaptisé Education. Comme en Egypte, l’accueil du public (environ 10.000 personnes) est très sonore et il est ébloui par un set de feux d’artifices absolument renversant (cf. photo). Le concert est diffusé en direct sur la chaine nationale RTM. > 2007 : Avec Téo et Téa, Jarre descend sur le dance floor 2007 vient marquer le retour de Jarre avec un album 100% nouveau : Téo & Téa. Nouveau par son style puisque Jean-Michel a semble-t-il cédé aux impératifs de son nouvel compagnie, Warner, de sortir un album assez rapidement pour honorer son contrat. En tous cas, c’est une interprétation possible. Au lieu du projet autour de l’écrivain Saint-Exupéry qu’il avait mis en chantier, il bâcle en quelques mois le canevas d’une série de titres dance-floor tous fabriqués sur la même boîte à rythmes, la Roland MC-808. Jarre met donc ses pas dans les traces de Tiesto et autres DJ, avec une musique tantôt multi-vitaminée, tantôt trance. Un concours de remixes sur le single « Téo et Téa » est organisé sur Internet. La promotion de l’album est faite par Jarre d’une manière indolente, brodant autour du concept de « rencontre dans tous ses états ». S’ajoute à cela des prestations en boite de nuit (au Queen à Paris et à Cannes) pas du tout convaincantes. À telle enseigne qu’en même temps que les chiffres de ventes consternantes de Téo et Téa au plan mondial coincide avec son éjection de la Warner. Une fois de plus, le DVD inclus s’avère très décevant : en tout et pour tout, un simple clip avec deux personnages (Téo, lui, et Téa, elle) en HD très fortement inspiré de l’univers de Gorillaz. Des petits malins arrivent même à faire croire que Jarre a utilisé des « presets » pour fabriquer le gros des séquences de Téo et Téa. Un bon nombre de fans quittent le navire, et l’album disparait des hits et des conversations en quelques semaines. Certains nouveaux venus adorent le nouveau Jarre, ne connaissant rien de sa spécificité dans le monde de l’électronique. Un malheur n’arrivant jamais seul, en juillet, le concert du Powerstock Festival où Jarre devait tenir le haut de l’affiche avec Moby pour une grand-messe écologiste est annulé une semaine avant le festival pour des raisons insondables. > Novembre-décembre 2007 : « Oxygène » redonne de l’air au génie
Mais Jarre n’est jamais aussi bon que quand il rebondit. C’est en tournant le dos à l’ordinateur et aux boites à rythmes en tout genre qu’il revient à l’automne, avec le projet Oxygène Live in your Living Room, premier DVD chez EMI, maison des disques, entre autres, des Pink Floyd. Le désir du musicien est de jouer au plus près l’Oxygène de 1976 en conditions « live » mais sans public et de l’enregistrer en son haute-définition (DTS) avec les instruments de l’époque. Le lyonnais vante sur tous les plateaux de télévision ces vieux synthés, véritables stradivarius de la musique électronique. Jarre rassemble ainsi son directeur musical Claude Samart, son ancien compagnon de route Dominique Perrier, ainsi que Francis Rimbert pour se faire filmer en 3d stéréoscopique dans les studios de l’Alfacam Studio de Lint en Belgique. Oxygène sort donc, version album, 6 pistes en HD avec une pochette relooké, et en vidéo, avec quatre « ponts » inédits qui allongent d’autant la durée de l’original. La magie d’Oxygène s’opère sous nos yeux… comme dans notre salon, 30 ans après, le disque n’a pas vieilli.
Et Jarre aime tellement montrer ses vieux instruments qu’il reproduit l’expérience sur scène dans des théâtres. D’abord à Marigny, pour tester l’accueil du public, puis en version plus libre et improvisé, dans une vingtaine de salles en Europe pour un nouvel Oxygène Tour, comme en 1997. Les prix des places n’empêche pas les concerts d’afficher tous (ou presque) complets. Libéré de son démon du play-back, les erreurs et les approximations font à présent partie entière de la communication avec le public. Jarre n’aura jamais paru aussi à l’aise et heureux sur scène. > Retour : Index des biographies.
22 juin 2020 à 2:12
Всем доброго здравия:)
Я 7 часов блуждал по сети, пока не вышел на ваш форум!
Думаю, я здесь останусь надолго!
30 août 2020 à 21:38
Спасидо, +
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Tempobet yenigiris
21 juin 2023 à 15:49
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