Wolfgang Flür – Kraftwerk / J’étais un robot

Kraftwerk / J’étais un robot - 416 pages, euros, éd. Camion Blanc, 24 euros .

Ce livre de l’un des piliers du groupe Kraftwerk est un complément subjectif et intime aux biographies Le mystère des hommes machines (éditions Camion blanc, 240 pages, 20 euros) et de celui, remarquable également, de Pascal Bussy. Wolfgang Flür nous entraine dans son sillage depuis sa naissance en 1947 à Francfort sur le Main à 2001 sur la promotion de son album Time Pie. Le gros du livre concerne sa collaboration dans Kraftwerk, pour celui qui passa seize ans en tant que batteur au sein du groupe. Mais c’est surtout comme bricoleur génial et acharné qu »il aime à se présenter. C’est lui qui contribuera à la fabrication des instruments originaux (le pad électronique) et autres éléments scéniques (les fameux néons aux noms des membres du quatuor électrique) lors de leurs prestations. Ainsi celle de 1975 pour la tournée américaine derrière le fer de lance Autobahn, puis celle, européenne, avec le single Radio-Activität, sans oublier celle de ComputerWelt, en 1981.

 



> Une amitié scellée dans les circuits électriques  

flur.jpg Il évoque la relation privilégiée qu’il a pu tisser avec le peintre Emil Schult, ainsi que l’amitié indéfectible avec Karl Bartos, le deuxième batteur du groupe (mais à l’origine, un brillant joueur de vibraphone). L’aménagement du studio Kling Klang à Dusseldorf, cet endroit si secret et si fermé, vaut largement la lecture. Le livre est ainsi agrementé de photos inédites prises par l’artiste lui-même. Les chapitres bruyants de ce livre alternent entre crissements de pneus de grosses cylindrées (allemandes, bien sûr) et gémissements orgasmiques de fans. Les frivolités érotiques dans les hotels à travers le monde entier constituent eux, le piquant de ces tournées pleines d’anecdotes. Wolfgang assume toute la légereté de lui et ses collègues « musiciens travailleurs ». Joie de vivre et escapades amoureuses sont la norme pour cet ancien timide catapulté « electro-pop-star ».Il raconte également pourquoi il a quitté le groupe progressivement après Electric Café (1986). On voit affirmer dans « J’étais un Robot » les caractères très austères et égocentriques de Florian, et à plus forte raison, de Ralf Hutter, qui est le porte-parole et chanteur, paradoxalement le plus fragile du groupe.


> Chacun apporte du sien…  

Ce livre va au-delà du plaisir pris en studio et l’accueil du public international enthousiaste très tôt pour leur sons révolutionnaires. On se rend compte des influences mutuelles des personnalités de chacun, jusqu’au cinquième homme, Emil Schult, sorte de gourou ou de nounou du groupe, qui assure un temps la cohérence artisique de l’ensemble, ainsi que Maxime Schmitt, leur manager français. Les morceaux préférés de Flür sont ceux des débuts : Das Model et Autobahn. Il cite encore Trans-Europe Express, Europe Endless et Metal on Metal, ce dernier titre étant l’un des rares né totalement de ses propres expérimentations.

> …mais certains veulent tout reprendre  

À la présentation de la première mouture de J’étais un robot en 1999, le Berliner Morgenpost titre : « Kraftwerk : un groupe démystifié ». Dès septembre de cette même année, sa parution entraîne la colère noire du groupe résiduel « dormant » qui prépare alors l’Expo 2000. En réalité, le groupe ne s’articule véritablement qu’autour de Ralf et de Florain, les autres étant des faire-valoirs. L’image lisse, intègre et cohérente laissée dans la tête des fans vole en éclats avec les révélations faites sur l’ambiance réelle au sein du studio, les paroles non tenues et la critique virulente portée contre le « tout-robotique » poussé par Ralf. Les ex-collègues musiciens s’acharnèrent sur Wolfgang et son soutien Karl Bartos, notamment en gommant leur nom de toutes les rééditions des anciens albums. Au terme de plus de deux ans de procès, Wolfgang Flür gagna son procès en hérésie contre Hütter, Schneider et Schult.Construit comme un feuilleton rieur et rabelaisien, ce livre est un plaisir à lire et une vraie mine d’informations pour tous les fans de Kraftwerk.

 


Un commentaire

  1. Veridis dit :

    le livre est vraiment bien mais Wolfgang Flur a vraiment du mal à se détacher de Kraftwerk la preuve (presque 30 ans plus tard) il ne peut s’empêcher de jouer en live « autobahn » alors qu’il compose lui même…

    autobahn
    http://fr.youtube.com/watch?v=OTqPBaG3pH4

    guiding ray (album time pie)
    http://fr.youtube.com/watch?v=zdkAotw_J7I

Répondre

BLOG DES AMIS DE GEORGETTE ... |
impressionism |
lorie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Matt Pokora
| Clan d'estime
| blog de Nicolas Caumont