Kraftwerk dans le mix (3/3)

Voici la troisième et dernière partie de la biographie de Kraftwerk. Lire la première partie. Accéder à la deuxième partie.

 


 

> Electric Café, le synthé au percolateur

 


 

Florian Schneider pose à coté de son robotPrévu initialement sous les titres Technicolor (problème de droits), puis Technopop, l’album qui devait sortir en 1983 a connu nombre d’ajournements économiques, en plus de l’accident de vélo de Hütter. Des maquettes de morceaux ont bien été enregistrées, mais EMI jugea ces démos « insuffisantes ». En définitive, l’album Electric Café ne paru qu’en novembre 1986, soit 5 ans après Computer World. Dans l’intervalle, le groupe modifia l’équipement du studio Kling Klang pour passer au tout-numérique, sans se séparer pour autant du vieux matériel.

L’une des innovations les plus marquantes de cette période fut la création d’animations 3D pour le single crispant « Musique non stop». Il s’agit des têtes stylisées de Hütter, Schneider, Bartos et Flur composée de gros polygones avec des lèvres rouge vif. Elles ont été réalisées par Rebecca Allen, de l’Institute of Technology de New York. Par ailleurs, elle a aussi prêtée sa voix pour l’interprétation de ce titre, qui, autre première, comporte des voix féminines.

Cet album, aussi court que son prédécesseur, exalte les possibilités conjointe des échantillonneurs et des boites à rythmes. La mise en abîme thématique continue d’opérer. Il est ainsi intégré à la plupart des chansons le titre du morceau précédent. Karl Bartos chante sur Telephone Call, un cas particulier dans l’histoire du groupe. Ron St. Germain et François Kerkovian font quelques remixes pour des maxis publiés en 1987. Pour le reste, Electric Café n’apporte pas de vraie nouveauté ni conceptuelle, ni structurelle. C’est un relatif échec de l’album, qui se classe modestement au hit-parade américain. Il est surtout plus froid et moins accrocheur que les précédents.

 


 

> Karl et Wolfgang descendent du train

 


 

Kraftwerk va alors rentrer dans une phase tendue sur le plan humain. Lassés d’être inutiles ou presque pendant les cinq années de gestation de ce « vrai faux best-of », Karl Bartos claque la porte au bout de quatre ans, suivi de Wolfgang Flür,au bout de cinq. C’est la fin d’une quinzaine d’années de collaboration de la part des deux batteurs du groupe. Kraftwerk se réduit en pratique à un duo avec deux exécutants, qu’il n’a jamais cessé d’être, dans l’esprit des leaders du groupe. Karl et Wolfgang resteront amis, Karl lançait peu de temps après sa démission le groupe éphémère Electrik Musik à Düsseldorf, avec la complicité de Flür et d’Emil Schult.

 


 

> The Mix

 


 

Kraftwerk en concertLe projet qui a fait imploser le groupe, intitulé The Mix, est une collection d’anciens succès (depuis Autobahn, raccourci pour l’occasion) jusqu’aux « faces B » moins connues du grand public. L’essentiel du travail de ce mix consiste dans la dissociation des éléments des bandes analogiques en les transférant sur ordinateur. Pour être certains de la pertinence des arrangements dansants qu’ont subit les titres, Hütter et Schneider font écouter les maquettes à un certain nombre de DJ allemands. William Orbit à Londres et François Kerkovian à New York remixent des anciens titres. La pochette de l’album saisit les robots des années quatre-vingt sans leurs costumes, mettant à nu leur charpente métallique, à l’image du squelette impitoyable de Terminator.

Ralf Hütter derrière sa consoleLa tournée The Mix de 1991 vit successivement Fritz Hilbert, l’ingénieur du son et Fernando Abrantes (seul non-allemand à jouer avec Kraftwerk), puis Hilbert et Henning Schmitz reprendre les rôles de Flür et Bartos. Tous ces changements causèrent des bouleversements sur différents aspects de mise en scène, dont la fabrication des robots censés les représenter. Durant cette tournée, le public raffole des quatre robots articulés, à l’effigie des musiciens qui sont présents sur scène, en lieu et place des vrais artistes. D’autres, comme Jarre et une partie de la presse musicale, sont très critiques contre cette façon de faire.

Derrière la scène, quatre écrans retransmettent des clips vidéo issus de différentes périodes du groupe. À la fin des concerts, les quatre instrumentistes quittent la scène l’un après l’autre, sur le morceau « Musique non-stop ». Schneider, qui ont toujours affirmé que les tournées l’indisposaient, évoque l’idée d’arrêter de tourner avec le groupe. Raccourcissant le nombre de dates prévues, ils ne tournèrent qu’en Angleterre et en Europe continentale, jusqu’en novembre 1991.

 


 

> Des apparitions en pointillés

 


 

En 1992, ils acceptent sur invitation de Bono de U2, de faire la première partie d’un concert, ce qui va à l’encontre de leurs préceptes. Mais c’est pour un motif particulier : c’est un concert de protestation contre la construction d’une usine de retraitement de déchets nucléaires, en Angleterre. Au contraire d’U2 qui a toujours affirmé que le groupe ne se séparerait jamais, Kraftwerk a une visée bien plus ambivalente de son avenir à quatre. Elle est semblable à celle d’une équipe du Tour de France dont les coéquipiers se sacrifieraient au fil des étapes.

En 1999, l’autobiographie de Wolfgang Flür, J’étais un robot, est menacé d’interdiction par Ralf et Florian. Un procès retentissant pour allégations inexactes s’ensuivra, gagné par Wolfgang en 22 octobre 2001 sur le fond.

Pochette du single Expo 2000En 2000, Kraftwerk reprend du service à l’occasion de l’Exposition universelle à Hanovre, en publiant Expo 2000, un single, qui sera remixé notamment par Orbital. Ils touchent 400.000 euros de cachet pour une prestation live. En 2003, il sorte un album de douze titres intitulé Tour de France Soundtracks.

L’année 2004 marque l’arrivée d’un coffret complet nommé The Catalogue, et qui comprend les huits albums studios du quatuor de Düsseldorf.

Enfin, en 2005, c’est le grand retour de Kraftwerk avec la publication de leur premier DVD, Minimum-maximum, qui est doublé d’un double album reprennant leurs plus grands titres. Cet album comprend des morceaux issus de divers concerts donné à travers le monde en 2004 et 2005, dont le Grand Rex. En avril 2008, lors d’une tournée aux Etats-Unis, Florian Schneider n’apparait plus aux côtés du groupe, et ce, sans donner d’explication. En janvier 2009, il annonce qu’il quitte le groupe pour se consacrer à d’autres activités.



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2 commentaires

  1. Veridis dit :

    quelques corrections :

    Florian Schneider pour remercier Rebecca a reproduit sa voix sur l’album ELECTRIC CAFE. La personne qui prête sa voix sur le morceau « the telephone call » semblerait être la petite amie de l’époque de Florian Schneider.

    C’est Wolfgang Flur qui quitta le groupe en premier suivi quelques temps plus tard de Karl Bartos. Karl Bartos ayant participé au Best Of « the Mix » à quitté le groupe avant la parution de la galette.

    Wolfgang Flur a son propre groupe « YAMO »

    Voili voilou

    ..::Webmaster::.. Je veux bien les dates, s’il te plait, tant qu’à faire… :)

  2. Veridis dit :

    info de dernière minute que j’ai reçu via « google alert »

    source : http://www.aversion.com/news/news_article.cfm?news_id=11116

    Hey robot fans: A documentary that tackles a wide swath of Kraftwerk’s career is ready for release on DVD.

    Kraftwerk and the Electronic Revolution traces the German electronic band’s career, music and influence through the band’s roots as The Organization in the 60s through its international triumph in the ’80s alongside the new wave and synth-pop scenes. In addition to interviews with band members, it collects rare live footage and photo stills, many of which have never been released. It arrives in stores Sept. 2 from Sexy Intellectual.

    ..::Webmaster::.. Merci Veridis.
    Traduction : Hep, fans de robots : un documentaire qui retrace une large part de la carrière de Karftwerk est prête à être commercialisée en DVD.

    « Kraftwerk and the Electronic Revolution » retrace la carrière du groupe de musique électronique, sa musique et ses (son ?) influence depuis ses racines du groupe en tant qu’Organisation dans les années 60 jusqu’à son triomphe international dans les années 80 aux côtés des scènes new wave et synth-pop. En plus d’interview des membres du groupe, il regroupe des extraits vidéos live et des images fixes rares, dont certaines n’ont jamais été publiées. Il débarquera en librairie le 2 septembre sous le label Sexy Intellectual.

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