Histoire de la musique électronique (2/4)

> Voici la deuxième partie de la petite histoire de la musique électronique. (Ebauche d’article)

Le problème avec les synthétiseurs, jusqu’en 1975 avec un clavier Oberheim, c’est que les machines était monophoniques, c’est-à-dire incapables de jouer plusieurs sons à la fois. Il fallait pour exprimer des harmonies riches relier entre elles plusieurs machines. C’est en partie pour cela que l’on voit ces « murs de synthés » dans les concerts des années 70, que ce soit chez Vangelis, Jarre ou Tangerine Dream.



> Les premiers « tubes » de la musique électronique


Jean-Jacques PerreyJean-Jacques Perrey, scientifique reconverti dans la « musique qui soigne », laisse passer les années 60 et quelques apparitions aux côtés de Charles Trenet (sic) à l’Ondioline pour accéder à une notoriété depuis les États-Unis. Entre-temps, il a croisé la route de Pierre Schaeffer, qui lui indique le sésame de la découpe de bandes magnétiques. Doté de synthétiseurs dernier cri, il signe avec Angelo Baladalamenti(futur collaborateur de David Lynch) le tube «EVA» (Extra-Vehicule Activity) en 1970, et cherchera par la suite à consolider ce succès avec divers disques loufoques mettant à l’honneur le son du Moog («Kaleidoscopic Vibrations», 1967 et «Moog Indigo», 1970). Aujourd’hui Perrey est vénéré par une partie de la scène acid-house et même techno. C’est d’ailleurs à lui que le groupe Air va confier la coproduction de plusieurs titres sur leur album majeur au titre explicite, Moon Safari (1997).
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En 1971, le groupe Tonto’s Expanding Head Band sort l’album Zero Time. Cet album aura un impact puissant sur la perception du synthétiseur pour des arrangements sophistiqués, et trouvera l’oreille de Stevie Wonder qui collaborera avec ce duo pour ses albums majeurs des années 70.

En 1972, le groupe « Hot Butter » fait de la rengaine primaire de « Pop Corn » de Gershon Kingsley un tube mondial, classé dans tous les pays, ce qui pour un instrumental à cette époque, est inédit.


> La fin des Beatles et la transition de l’ère psyché


Alan ParsonsÀ la fin des années 60, le groupe anglais Pink Floyd, avec aux commandes Syd Barrett, est un groupe de jeunes gens ayant fréquenté la London Polythechnic School of Architecture. Leur premier album «The piper at the gates of dawn» tourne le dos aux mélodies léchées des Beatles (et occasionnellement expérimentaux) et les riffs des Stones pour se tourner vers un psychédélisme échevelé (et chevelu) et des concerts épuisants. Mais une fois la flamme de leur leader éteinte, le groupe trouve les ressources nécessaires pour enregistrer plusieurs très grands albums, dont The Dark side of the moon (1973), et ses longues pistes matinées de blues et d’effets électroniques divers. Le claviériste des Doors, Ray Manzarek, remplace la guitare basse par sa main gauche.


> Quand le jazz est là


Herbie HancockSur la scène jazz, un pianiste noir survolté de Miles Davis est titillé par l’appel du tout-électrique, direction que son mentor a déjà amorcé avec des albums retravaillés à la virgule sonore près par l’ingénieur Teo Macero. Ce pianiste, c’est Herbie Hancock. En 1973, Herbie Hancock fait le plein de claviers externes pour faire le casse du siècle de la joaillerie jazz (meilleur vente du genre) avec le mythique disque funk «Headhunters». D’autres claviéristes aguerris, comme Chick Corea et Joe Zawinul, suive son exemple. Les virtuoses des groupes de rock progressif qui ont pris le train de King Crimson (Yes et Emerson, Lake et Palmer) vont également rentrer dans une course au matériel électronique.

Dans le rock, le virage est pris au milieu des années 70. On dépoussière l’harmonium de 1930 et autres « Electric clavinet ». Pete Townshend, le leader des Who, tombe amoureux du modulaire ARP, qui bâti des séquences tournoyantes, pour le meilleur et le pire. Alan Parsons, qui a contribué au fin son des années 60 devient Alan Parson’s project.


> Krautrock un jour…


Holger CzukayHolger Czukay est un autre de ces génies de la musique méconnus du grand public, qui ont quitté le giron du classique (avec Irmin Schmidt, tous deux sont étudiants au Tonmeister de Cologne) pour créer de nouvelles techniques musicales. C’est ainsi qu’au détour de deux albums solo courts et percutants, Czukay publie dès 1968 rien de moins que les premiers samples dans la musique pop, dans «Canaxis» (avec l’ingénieur du son Rolf Dammers) et «Movies» (avec les membres de «Can»).

Autre personnalité importante, Brian Eno, qui, d’étudiant en Beaux-Arts, invente à lui seul un courant musical, l’ambient, en s’inspirant de la musique de Steve Reich. Avec son groupe Roxy Music, il traite le son total du groupe en direct, ce qui est également une grande première.

Que dire du premier album du guitariste Mike Oldfield, Tubular Bells (1973). Cet album se compose de deux pistes de 25 minutes, qui sont des bijoux de studio, avec à la production, Simon Heyworth et Tom Newman. Un ballet incessant d’instruments hétéroclites, qui d’un coup d’essai, devient coup de maitre, indépassable mixture folk et presque hard-rock.

De son côté, le japonais Isao Tomita fait l’acquisition d’un Moog Modulaire III à la fin des années 60 et compose « Snowflakes are dancing » (1974), qui s’inspire largement du classique, et notamment de Claude Debussy. Il poursuivra dans cette voie, tout en donnant des concerts en extérieur au cours de grandes cérémonies (il avait djà signé la musique des J.O. de Sydney en 1956) ou des commémorations, dans lequelles il travaille sur la spatialisation du son sous la forme de « nuage sonore ».


> Krautrock toujours !


Edgar FroeseParmi les autres figures populaires des débuts des musiques électroniques, on ne peut pas ignorer les précurseurs allemands de la «space music», Klaus Schulze et Tangerine Dream, dont l’activité débute simultanément en 1968. Ils performent ensemble au festival d’Essen, et de leur collaboration naitra «Electronic Meditation», au titre prémonitoire. Ils sont la frange la plus atmosphérique de la musique krautrock, qui se revendique à la fois de Stockhausen et du Velvet Underground. La revendication essentielle de ce large mouvement communautaire est, pour certains, de s’échapper du syndrome des reprises de standards américains (Faust, Aamön Duul), pour d’autres, de chercher un son « typiquement allemand » (Can, Neu !).

Tangerine Dream et leur leader Edgar Froese, mais aussi Klaus Schulze, sont des jeunes gens qui poussent le surréalisme de leur musique jusqu’à faire durer un morceau sur une face complète de disque vinyle. En signant sur Virgin, il ose un album composé de quatre morceaux, Phaedra, qui marque l’entrée des séquenceurs dans la musique électronique. Ce groupe, extrêmement prolifique, suscite une certaine moquerie de la part des journalistes de rock. Edgar Froese, qui est guitariste à l’origine, évoque une rencontre à ce sujet :

« Dans dix ans environ, tout le monde jouera du synthétiseur ». Le type lui a répondu : « Tu es un imbécile ». Et il est sorti. »

Kraftwerk à ses débuts (Tanzmusic)C’est aussi le cas du duo techno-pop Kraftwerk, qui après des disques plutôt chaotiques sous le nom d’Organisation, troque batterie et flute électrique pour pads électroniques et synthétiseurs mélancoliques. D’abord sous le nom Ralf & Florian, puis sous le nom allemand austère de « centrale électrique », ils signent un succès considérable, Autobahn(1975). Il y esquisse, avec un binôme de batteurs électroniques, une nouvelle relation aux machines, que certains critiques jugent (déjà à l’époque) excessive, et à la structure de la chanson pop. Pour un certain nombre de gens, cet album est la préfiguration de la techno (pour d’autres, c’est plutôt Trans-Europe Express).


> Ailleurs en Europe…


Vangelis, un autodidacte formé à l’école du rock progressif aux côtés de son compatriote Demis Roussos avec Aphrodite’s Child, créé les studios Nemo à Londres où il va accumulé les bijous néo-classique de la fin des années 70 et des années 80. Ces studios essaimeront à travers le monde et le maître va trouver son instrument de prédilection avec le Yamaha CS-80 et son rendu très « cinématographique ».

Enfin, en 1976, l’album de Jean-Michel Jarre enregistré sur un huit pistes Oxygène, fait figure de symphonie de 40 minutes. Avec le concours de Michel Geiss, Jarre décrypte le « code source » du synthétiseur ARP, invente des boucles improbables, et fait mouche avec ses mélodies puissantes. Cet album hors du temps, qui systématise l’utilisation de pads d’effets sur les synthés, sera vendu à 13 millions d’exemplaires dans le monde.


Lire la suite de l’histoire de la musique électronique. Bonne lecture !

 


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