Daft Punk – Homework (1997)

Pochette de Homework de Daft PunkInutile de limiter l’essentiel de l’analyse du carton Homework à son titre emblématique, Around the World, puisque nous l’analysons ici dans un article séparé. Il est acquis que c’est avec ce groupe et quelques autres (Etienne de Crécy, Motorbass, Laurent Garnier et Air) que la presse anglaise (à laquelle ils avaient « piqué » leur nom paradoxal, «punk crétin») a créée l’expression « French Touch ».

La genèse de Homework remonte à celle du premier single « Alive», puis du maxi « Da Funk », en pair avec Rollin’ and Scratchin’ sorti en 1995 sur le label écossais Soma. À l’époque les deux jeunes versaillais, qui se sont rencontrés en 1987, au lycée Carnot à Paris, ont à peine vingt ans.  Issus de la culture rave et fascinés par l’Angleterre, les Daft ont mélangé habilement des ingrédients de techno, de rock et d’acid housepour produire, dans une dénotation toute personnelle, le P ou (Da)-Funk. Il a été fait mention du minimalisme de la structure des morceaux, avec une science précise de l’entrée en scène des sons, plus une part d’imprévus dans la restitution de certaines fréquences, pour qualifier le «son Homework».



> L’élixir de la jeunesse et le moteur de la curiosité 

Burnin' des Daft PunkSelon Guy-Manuel de Homen-Christo, «Tous les adolescents cherchent une forme de musique vivante, la plus énergique possible, et le rock’n’roll n’incarne plus cela. La dance musique est bien plus jeune et moderne». Charge à l’appui de sa démonstration, le duo créé un morceau intitulé « Rock n’roll» qui réduit son ossature rythmique au minimum pour bidouiller des fréquences sur-vitaminées. Ce n’est pas le meilleur titre de l’album, mais il est le plus radical dans sa façon d’être, et moins mélodique que d’autres qui annoncent déjà l’album suivant, Discovery.En plus des secousses telluriques des basses, les deux jeunes gens ont instillé des références au groovede la musique de Philadelphie (Philly sound), l’ancêtre du disco, ce qui produit une alchimie très rassembleuse. Le hi-hat martèle comme une chaussure de running sur l’asphalte. Ainsi, le tube « Around the world » emprunte à la basse de Bernard Edwards du groupe Chic. Cet aspect familier ouvre les portes à un registre plus répétitif, et la techno s’invite désormais dans les soirées de tous les frenchys, et la police ne pourra pas arrêter votre free-party, car vous vous échapperez par le toit.

> Le nouvel âge d’or électronique français  

Portrait des Daft PunkUn des titres de l’album, Teachers, renvoie aux maîtres en mix et en musiquedes deux jeunes élèves : on y trouve la crème de la musique électro, les grands inventeurs, comme DJ Pierre, mais on y croise quelques pointures du hip hop, tels George Clinton.Et puis, il y a cette utilisation massive du vocoder, qui robotise le langage en une mixture informatique propre à se propulser sur le réseau. Les paroles ne volent pas très haut dans Homework : pour vous en convaincre, référez-vous à Oh Yeah ou à la voix élastique de speaker immature de Daftendirekt. Avec ces intermèdes naïfs, les deux jeunes gens tressent une véritable petite fiction urbaine, entre bruits de rue, exclamations, balade sur la Côte Ouest (Fresh) camions de police, de pompiers, et autres grosses voitures.

 > Destin commercial 


Pas moins de la moitié de l’album (d’une heure et quart !) constitue des hits : Revolution 909, Da funk, Around the world, Rollin’ & scratchin’ et Burnin’, sont les plus réussis. Venus de l’undergouund, les Daft ont négocié avec la major Virgin dès 1996 pour sortir le titre « Musique » sur une compilation, SourceLab volume 2. Afin de donner la liberté artistique maximale, ils se préservent même des sillons d’expérimentations au sein des labels Roulé, Scratché et Crydamoure, et Thomas peut ainsi collaborer sous d’autres cieux, sans quitter son costume de robot.Ils prendront l’habitude d’espacer leurs albums, faisant de chacun un évènement supplémentaire, et surtout en griffant leurs albums avec leur lettrage qui, en l’espèce, évoque un écusson brodé sur une veste de cuir. Sur la pochette intérieure de Homework, on voit une des rares photos à visage découvert des deux jeunes gens en train de mixer, peu de temps avant que leur identité de robot ne prennent toute la place dans leur communication.Le succès de ces « devoirs à la maison » (le mot homework) est considérable : Deux millions d’albums sont vendus en l’espace de deux mois. D’octobre à décembre 1997, ils tourneront avec leur première tournée mondiale Alive.


> Track-listing

  1. Daftendirekt
  2. WDPK 83.7 FM
  3. Revolution 909
  4. Da funk
    Image de prévisualisation YouTube
  5. Phoenix
  6. Fresh
  7. Around the world
  8. Rollin’ and scratchin’
  9. Teachers
  10. High fidelity
  11. Rock ‘n’ roll
  12. Oh yeah
  13. Burnin’
    Image de prévisualisation YouTube
  14. Indo silver club
  15. Alive
  16. Funk ad



> Quelques samples utilisés (source)

  • Tata Vega – « Get It Up For Love » – utilisé dans « Da Funk » (Ten Minutes of Funk Mix)
  • Jerry Goldsmith – « The Rec Room » – utilisé dans « Around The World »
  • Karen Young – « Hot Shot » – utilisé dans « Indo Silver Club »

À propos de Jean-Baptiste

Né en 1977. je ne vis pas de l'écriture, je ne vis pas pour la musique, mais je suis en quelque sorte à mi-chemin des deux. Peut être. ou pas.

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Une réponse à “Daft Punk – Homework (1997)”

  1. Francois Dit :

    Je ne pense pas qu’on puisse intégrer ce disque dans la rubrique « IDM » ! Pas plus que les Chemical, Garnier, Digitalism, ni même Orbital ou FSOL… L’IDM a une connotation clairement expérimentale, pas du tout adapté aux dancefloors. C’est effectivement le label Warp qui a lancé cette « mode » avec des artistes comme Autechre, Black Dog, Sabres Of Paradise, Aphex Twin etc… Une musique électronique riche et passionnante !

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