Vangelis – Les chariots de feu (B.O., 1981)

La pochette de Chariots of fireAvant les Chariots de feu (titre original : Chariots of Fire, en anglais), Vangelis a produit nombre d’albums, mais ce qui est sûr, c’est qu’après cet album, plus rien ne sera jamais plus comme avant pour le grec autodidacte. En effet, ce disque enlève l’Oscar de la meilleure bande originale de film.
Ce film présente l’histoire vraie de deux sprinteurs britanniques, qui s’affronte sur la discipline reine du 100 mètres lors des jeux olympiques de 1924 à Paris. À cette époque, Vangelis a un pied en Angleterre, puisqu’il compose cette bande originale dans ses studios Nemo à Londres, et le cœur en France, puisqu’il a une fiancée française. L’album est dédicacé au père de Vangelis, qui était lui-même sprinteur, et qui est décédé peu de temps avant la parution de cet album référant.
C’est le producteur du film, David Puttnam, qui, impressionné par les albums Opéra Sauvage(composé pour Fréderic Rossif) et China, pense à Vangelis pour réaliser la musique de ce long-métrage. C’est la première fois que tant de synthétiseurs enjambent cinquante ans d’histoire (l’époque où se passe le film) pour créer une bande-son si technologique, comparativement.


> Conditions d’enregistrement

Vangelis a probablement utilisé une dizaine de synthétiseurs pour l’album, son studio en comprenant à l’époque une vingtaine en tout. On peut citer le Prophet 5, le Minimoog, le semi-modulaire ARP 2600; le Korg PSS3300, l’Oberheim 4-Voice, le Roland Jupiter 4, le Yamaha CP80 electric piano et bien sûr le Yamaha CS80, qui donne ces sons cuivrés caractéristiques.
Il joue également toutes les percussions (sa deuxième passion), entouré de ses deux ingénieurs, Raine Shine et John Walker.Pour l’anecdote, une première mouture des musiques fut intégrée au montage par le réalisateur Hugh Hudson, mais Vangelis n’en était pas pleinement satisfait. Vangelis a, en secret, visionné le film plusieurs fois sur trois vidéoprojecteurs dans son studio tout en jouant devant les images, et présenta une nouvelle version qui lui paraissait meilleure. C’est cette version ultime qui s’inscrit sur la bobine. Quant au thème de «Chariots de feu», il fut composé et mixé en une après-midi par Vangelis.

> La musique au ralenti

VangelisL’image du groupe de coureur sur le bord de l’Océan, et la basse synthétique, façon ostinatodu synthétiseurde Vangelis, devenu emblématique se confondent désormais dans la mémoire collective. D’ailleurs nombre de parodies détournent ces éléments qui sont devenus autant de stéréotypes de l’effort.100 metres est un prolongement du rock progressif qui a démarré la carrière solo de Vangelis, tandis que Five Circles confirme les intuitions mélodiques contenues dans les albums Spiral et Albedo 0.39.
Les morceaux les plus méditatifs sont Abraham’s Theme et Eric’s Theme. Le jeu pointilliste de Vangelis déplait fort à une certaine frange de la critique, mais il faut lui reconnaître le talent de raconter de petites histoires en quatre minutes sans paroles.L’hymne Jérusalemest l’adaptation d’un des classiques du répertoire populaire anglais, de Charles Hubert Jastings Parry, « And did those feet in ancient time», publié en 1916. Vangelis accompagne avec un simili-orgue d’église un chœur anglais d’adultes et d’enfants, les Ambrosian Singers, grands habitué des musiques de films.Si certains extraits musicaux du film ne sont pas présents sur l’album, en revanche le morceau-titre «Chariots de feu» comporte des parties librement inspirés du récit, mais non intégrées au montage. C’est ce morceau qui dénote l’influence massive des valses et concertos pour piano de Tchaïkovski. Décomposé en plusieurs mouvements, le rythme interne du piano s’accélère comme le battement du cœur de l’athlète accompagne sa performance. Je préfère ce morceau fougueux à l’autre moitié du disque, qui contient quelques passages assez mièvres.

> Records de ventes en accéleré 

Par ailleurs, la version album bénéficie d’arrangements améliorés par rapport celle de la pellicule. D’ailleurs, Vangelis déclare régulièrement préférer ses B.O. ultérieures, qu’il juge plus consistantes.
L’album a vendu en un an trois millions de copies à travers le monde, et a contribué au succès du film. Il est resté quatre semaines à la première place des charts américains, et est resté 97 semaines consécutives dans les 200 meilleures ventes d’albums aux Etats-Unis. En Grande-Bretagne, l’album s’installe pendant 107 semaines dans les cent plus grosses ventes d’album.Suite à ce triomphe, les producteurs de chez Polydor harcèleront Vangelis pour qu’il publie de nouveaux projets et surtout qu’il fasse davantage de promotion publicitaire. Mais Vangelis, qui préfère l’ambiance ouatée des studios aux feux des projecteurs, décline poliment en l’occurence. Depuis, deux versions anniversaires «nettoyées» (des craquements de la bande d’origine), avec un nouveau master, ont été conduites par Vangelis, en 2000 puis en 2006, dans ses studios grecs, pour Universal Music. En revanche, les inédits de 1981 y sont toujours absents.


> Track-listing

  1. Titles (3:33)
    Image de prévisualisation YouTube
  2. Five Circles (5:20)
  3. Abraham’s Theme (3:20)
  4. Eric’s Theme (4:18 )
  5. 100 Metres (2:04)
  6. Jerusalem (2:47)
  7. Chariots of Fire (20:41)



> Ressources

 


Un commentaire

  1. Veridis dit :

    On peut déjà entendre quelques notes du thème principal sur l’album Heaven and Hell (mouvement 3/theme from cosmos)

    Vangelis a aussi été accusé de plagiat par Stavros Logarides qui prétendait que Vangelis aurait copié un morceau de son album « City of Violets ». Les juges ont finalement donné raison à Vangelis, qui, il faut le préciser a « démontré instruments sous la main » à la cour comment il avait composé ce morceau…

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