Kraftwerk – Grand Rex (22/03/2004)

20 février 2009

Concerts / Autres, Kraftwerk

kraftwerk tournée 2004Les allemands font dans leur tour du monde de la promotion de l’album Tour de France Soundtracks un détour en France. La salle prestigieuse du Grand Rex a été le théâtre de leur escale hexagonal le lundi 22 mars 2004.

Depuis leurs débuts, cela ne change pas trop, malgré les efforts de promotion faits avec cet album (des coureurs cyclistes aux couleurs de l’album dans les rues de Paris), en France, Kraftwerk ne se vend pas très bien, mais leurs concerts sont complets.
C’est devant un public de 2.800 personnes (soit le maximum) qu’ils ont produit un show bien huilé, même s’il a connu quelques accrocs informatiques. Arrivé en taxi avec ses compères, Hütter se plie à l’exercice des autographes de bonne grâce, tandis que ses trois complices filent vers les loges.

À 20h30, le nom du groupe retentit, dans sa forme vocodérisé habituelle. Une intro nouvelle (par rapport aux dates précédentes) permet de faire bouillonner les deux étages des spectateurs dans l’attente d’apercevoir le quatuor de légende sur le large plateau de cinéma.

Ce sont donc Ralf Hütter, l’ingé son Henning Schmitz, Fritz Hilper et Florian Schneider qui apparaissent dans cet ordre en ombre chinoise sur un fond rouge incandescent, masqué par un imposant rideau, sur les notes de Man-Machine. Les quatre musiciens se tiennent devant des ordinateurs portables et chacun d’entre eux a divers outils de contrôle pour mixer live la musique.

 

 


> Visuel détonnant


kraftwerk tournée 2004Derrière les allemands, les écrans géants affichent soit des paroles, soit des images en rythme avec les percussions électroniques, pour la grande majorité des productions kling-klang.
Une nouvelle version du morceau Expo 2000 est donnée, avec comme image de fond des architectures futuristes.
Le plat de résistance commercial « Tour de France » peut alors commencer. L’album n’ayant pas très bien marché en France, Hütter et sa bande mettent un petit braquet pour monter la côte (qui bien sûr se double d’une cote d’amour) et mettre en valeur le clip officiel. Suit le titre Vitamin, qui peut se voir comme une ode au dopage, ou aux aphrodisiaques, du moins c’est ainsi que j’analyse le déluge de gélules de toutes les couleurs sur les écrans. Entre les morceaux, Rlaf glisse des mots au public et effectue même quelques pas de danse. Pour entamer l’inévitable exercice de rétro-pédalage dans le temps qui mène à la période « classique » que les fans adorent, Kraftwerk dépoussière le Tour de France d’origine (de 1983) avec une instrumentation bien métallique  souhait. Tout ceci se fait sur des images d’archives (INA et France Télévisions) puisqu’il s’agit des coureurs de la grande boucle, dont une partie est destiné aux reportages sur le centenaire du tour de France. Evidemment, les images montrant Wolfgang Flür et Karl Bartos à vélo avec leurs deux mentors sont depuis longtemps passées à la corbeille. C’est ce titre qui sera intégré à l’album live (enfin live) Minimum-Maximum.

 


> Des classiques de l’électronique, et un classique… de Windows 


Kraftwerk tournée 2004Après le vélo, c’est en voiture que Kraftwerk nous convie, avec 12 minutes de promenade sur l’autoroute sur lequel ils fahr’n, fahr’n… Autobahn ! Pour le plus grand plaisir d’un public conquis. Les tubes des années 70 vont dès lors s’enchainer comme des perles. D’abord les romantiques The Model et Neon Lights et sa très belle illustration sonore, ou la voix de Ralf, dans son micro-casque est toujours aussi claire et soyeuse. Puis Radioactivity, devenu Sellafield-2/Radioactivity, du nom de la centrale nucléaire de la côte ouest de l’Angleterre qu’ils pourfendent depuis 1992, dans l’introduction de leur chanson en ces termes :

Sellafield 2 produira 7,5 tonnes de déchets radioactifs chaque année. 1,5 kg du plutonium produit parmi ces déchets font une bombe atomique.
Sellafield-2 produira la même quantité de radioactivité que Tchernobyl tous les quatre ans et demi. Une de ces substances, Krypton-85 peut causer le cancer de la peau et la mort.

Dans un registre plus « optimistique » (mélange d’optimiste et de politique), Trans-Europe Express, avec tous ses wagons de noise et de FX, est illustré par des images du train rouge sang traversant un paysage aquarelle. Metal on metal conclue la première partie du concert avec un ping pong de sons puissants.
Pendant la feremeture du rideau, les musiciens enfilent chacun leurs cultissimes cravates noire à diode lumineuse. Avec leur chemise rouge, ils font un peu penser à des feux de positions sur des avions.
L’album Computer World sera à l’honneur dans cette deuxième partie : NumbersComputer World, It’s more fun to compute, Homecomputer et pocket Calculator (morceau qui amuse beaucoup le public avec ses bruitages antédiluviens). C’est à ce moment-là que la soirée commence à mal tourner pour le divin chauve Florian Schneider, puisque son laptop, planté, doit être redemmaré en plein milieu de « Numbers », tant et si bien que sur l’écran géant le public eu droit en très gros au logo de Microsoft XP Professional. Un problème semblable affecta sa prestation, ce qui fait qu’il était curieusement désolidarisé de l’alignement des têtes de ses partenaires, le regard tourné à gauche en coulisses. Plus de rires que de drames, néanmoins.

 


> Ils sont des robots


Kraftwerk tournée 2004Pour The Robots, la bande-son démarre et peu de temps après Florian connait à nouveau une difficulté avec son PC. Quand les automates qui représentent chaque membre du groupe sont près à entrer en scène, le rideau tombe. Les quatre robots profilent leurs ombres derrière le rideau, provoquant l’hystérie du public. Mais curieusement, le robot de Ralf est tourné vers le côté (peut-être pour manifester une sorte de mécontentement, je ne sais pas). Le public réagit au quart de tour à la basse (partie qui est dévolue à Schmitz) syncopée et certains dansent même devant la scène ou sur l’étage intermédiaire du Rex.Deuxième interruption du concert et deuxième rappel pour le groupe qui revient dans une obscurité impressionnante qui met en valeur leurs costumes striés de bandes phosphorescentes. Elektro Kardiogramm et Aero Dynamik, et Music Non-stop forment le tir groupé final des hommes-machines. Le niveau sonore est maintenant plus fort, les basses martelant le plancher. À la fin du concert, comme de tradition, chacun des membres de Kraftwerk joue de la distorsion sur ses petits contrôles, avant de quitter la scène. Les spectateurs du premier rang se rapprochent le plus possible de la scène (qui en plus d’être large, est très profonde). Deux heures de show qui rendent justice à la réputation d’excellence du son et de la technique (sauf ce léger dérapage informatique, mais évidemment, tout ne peut pas être de marque allemande).

Remerciements pour les infos et les photos (qui sont de la tournée et non du Rex : Chris d’Aerozone)

À propos de Jean-Baptiste

Né en 1977. je ne vis pas de l'écriture, je ne vis pas pour la musique, mais je suis en quelque sorte à mi-chemin des deux. Peut être. ou pas.

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3 Réponses à “Kraftwerk – Grand Rex (22/03/2004)”

  1. veridis Dit :

    j’y étais !! Le Grand Rex est une très belle salle et le concert vraiment super. J’étais au 3ème rang côté droit de la scène, une vue impeccable. Au début nous étions tous assis pour finir debout. Après le concert j’ai trainé autour du Grand Rex pour finir par rencontrer les Kraftwerk et obtenir un autographe des 4 membres et les regarder partir en taxis…

    ..::Webmaster::.. Comment ça, ils ne sont pas repartis en vélo ? Lol !

  2. JF Hernandez Dit :

    Salut,

    Merci pour les images, effectivement ça a été un superbe concert!

  3. veridis Dit :

    Non ils ne sont pas partis en vélo et je dois avouer qu’ils étaient très bien accompagnés :) )

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