Herbie Hancock, volt-jazz

Herbie Hancock devant ses synthetiseursHerbie Hancock est un pianiste de jazz, oui, mais pas seulement : au fil de sa longue carrière, il a fait se croiser tous les styles, quitte à choquer les puristes qui ne concevait pas qu’il sorte du cadre qu’il s’était fixé en gravant ses premiers sillons chez Blue Note.

Car, ayant grandi dans l’ombre de Miles Davis, dont il a été compagnon de route, l’attrait pour la musique populaire n’a jamais quitté le natif de l’Illinois. Sa vie fut émaillée de récompenses (les Grammy awards à plusieurs reprises) et d’honneurs (récemment, une prestation dans le cadre de l’élection de Barack Obama).



> Le prodige et les années Miles

C’est à 7 ans qu’Herbie (né en 1940) rencontre le piano. Et dès 11 ans, le jeune Herbie se produit déjà avec l’orchestre symphonique de Chicago pour interpréter le premier mouvement du concerto n°5 de Mozart en soliste. C’est tout dire des prédispositions de l’enfant. Le surnom ultérieur d’Herbie, Mister Hands, est assez éloquent en parlant d’un musicien. Mais plus que tout, il adore écouter des joueurs de jazz, notamment Bill Evans, et développe son jeu sur les gammes de George Shearing ou de Oscar Peterson, OK, OK. À la fin des années 50, il étudie la composition au Grinell College, et obtient un majeur en ingéniérie électrique. L’ironie de l’histoire veut qu’il ait eu préféré une carrière d’ingénieur à un métier artistique, mais je n’ai jamais réussi à croire cela. À la fin de ses trois années d’université, il rencontre le trompettiste Donald Byrd, qui l’engage. En 1962, il publie son premier album hard bop chez Blue Note, Takin off, à base de morceaux originaux. Miles Davis est immédiatement séduit par le dynamisme de son jeu et l’appelle à lui. De 1963 à 1968, le jeune fan il intègre le quintet d’une de ses idoles. Il crée des modes rythmiques totalement nouveaux. C’est aussi dans cette période qu’il expérimente l’électrification de ses claviers. En 1964, avec l’arrivée de Wayne Shorter, il se découvre un ami pour longtemps. Pendant cette période, il collabore avec de nombreux artistes de jazz et fait ses débuts de compositeur pour le cinéma, en scorant Blow-up, d’Antonioni (1967).En 1972, le comédien noir Bill Cosby pense à lui pour créer la musique du dessin animé Fat Albert (T’as l’bonjour d’Albert). Il y met beaucoup de cœur car il a une haute idée du monde de l’enfance :

Je pense que je serai toujours impliqué dans la musique destine à la jeunesse parce que je n’ai pas oublié que j’ai été jeune, moi aussi. Les graines de la jeunesse restent vivantes tant que vous ne les avez pas tuées.


> La découverte des synthétiseurs 

Herbie Hancock et son Roland Ax-7Ayant commencé à explorer le monde des claviers par les pianos électriques (notamment le Rhodes), il va être parmi les premiers jazzmen à adopter les synthétiseurs, avec Joe Zawinul de Weather Report. Aux côtés du synthétiste Dr. Patrick Gleeson aux claviers ARP, Hancock prend un virage électronique au milieu des années 70, en même temps qu’il signe chez Columbia records. C’est aussi l’époque de son initiation au bouddhisme. Les albums « interloquants » Crossings et surtout Sextant témoignent tout à la fois de ces débuts cosmiques. Avec les Headhunters, il créé un groupe de toute pièces, à part le clarinettiste et saxophoniste Bennie Maupin. Il prend seul la direction des claviers et part explicitement à la rencontre de Sly Stone (auquel un des morceaux de l’album Headhunters est dédié) dans le style funk. C’est le jackpot puisque ce disque, où figurent des reprises du répertoire acoustique du natif de Chicago (notamment Watermelon Man), devient le disque de jazz le plus vendu de l’histoire. Le groupe Headhunters sera reformé en 1988.Herbie (qui se fait aussi appeler de son nom swahili, Mwandishi) recolle parfois à la formule dépouilée du jazz, aux faveurs des retrouvailles avec les anciens membres des anciens de chez Miles (dont Wayne Shorter, le fondateur de Weather Report), à l’intérieur du collectif VSOP. Freddie Hubbarb endosse le « costume » de Miles Davis. À cette époque, Hancock est devenu plus important que Miles Davis, au point que ce dernier joue même en deuxième partie du musicien aux lunettes cerclées. Notre homme s’est vite retrouvé à la tête d’une impressionnante collection de joujoux onéreux. On le voit ainsi faire la démonstration du Fairlight CMI devant des enfants éberlués dans l’émission éducative Sesame Street. Féru de manipulations, il manie le vocodeur sur des titres comme « You bet your love » et « I thought i twas you », et utilise l’ordinateur Apple pour composer.

> Un choc, des scratches

Avec le bassiste et producteur Bill Laswell, Herbie triomphe à travers un tube, « Rockit » (1983) tiré de l’album Futureshock. Au-delà du riff de clavier central, il a instantanément réussi a intégrer les scratchs de Grandmaster DST dans la culture populaire. Rockit est surtout un clip phénoménal, récompensé par 5 MTV video Awards, décuplant une vision mécaniste de sa musique. C’est le début d’une collaboration au long cours avec Laswell, qui cherche à reproduire le succès du single sur ses albums suivants. En 1985, entouré d’Howard Jones, Thomas Dolby et Stevie Wonder, il donne un jam de synthétiseurs « funky » à Los Angeles resté fort célèbre. En 1988, Hancock est récompensé par le prix BMI Film Music Award pour la bande originale du film Colors avec Sean Penn. Il décroche concomitamment un nouveau Grammy pour son album hommage à Gershwin, Gershwin’s world.

> Les années 90 et aujourd’hui

Herbie HancockAu début des années 90, Hancock et la Columbia se séparent, laissant place à la valse des étiquettes sur le dos des CD de l’artiste. Hancock va dès lors alterner disques de jazz (deux disques et deux tournées hommages, après la mort de Miles Davis), hip-hop (Dis a da drum [1993]), reprises de morceaux pop dans un registre plus accessible (participation à  The New standard [1996], Possibilities [2005]), et enfin musiques du monde (1+1 avec Wayne Shorter [1997]). Avec Future2future En 2001, il fait le pari de rapprocher la scène techno roots (avec A guy called Gerard, Carl Craig entre autres) au hip-hop (de multiples sets de batterie et de platines), tout en se contraignant à un jeu de piano très peu expansif. Le titre de l’album, produit par Bill Laswell, est un clin d’œil au Futureschock qui a fait sa fortune, mais l’accueil critique est sévère. À cette époque de sa vie, il déclare avoir changer l’angle de sa manière de composer :

Je regarde moins les autres compositeurs pour trouver ma propre inspiration que’au-delà du monde musical pour regarder davantage la vie en elle-même et son cortège d’émotion brutes.


La multinationale Sony-BMG rachète les droits de tout son catalogue en 2006 pour publier un best-of The Essential Herbie Hancock. Depuis, Hancock continue à écumer les festivals du monde entier, que ce soit en acoustique ou avec des appareils plus sophistiqués.
Enfin, en février 2009, Herbie Hancock s’est vu décerné la récompense du «lifetime achievement» (contributeur continuel) par la firme de synthétiseurs Korg.


> Ressources sur le web

  • Site officiel
  • Herbie Hancock, Quincy Jones et le Fairlight CMI, premier synthétiseur numérique, en 1983 : Image de prévisualisation YouTube
  • Le Medley de 1985 à Los angeles : Image de prévisualisation YouTube

 


2 commentaires

  1. fayefr2 dit :

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