Gary Numan – The pleasure principle (1979)

Pochette de ''The Pleasure Principle'' de Gary NumanGary Numan , à l’époque de The Pleasure Principle n’a que 21 ans, et il a déjà franchi la première place des charts avec l’imparable tube Are ‘Friends’ Electric, issu de Replicas, avec ses lieutenants de Tubeway Army, avec qui il a déjà enregistré deux disques. Prenant en main un destin solo, l’anglais va produire et composer complètement lui-même un disque qui compte parmi les pionniers du synth-rock. Le label punk Beggars Banquets de Martin Mills perce incroyablement dans la voie tracée par Tubeway Army puis Numan lui-même notamment grâce à ce disque.

Pour le concept de l’album, Gary a anglicisé le titre d’une toile de 1937 de René Magritte, le principe du plaisir, et a reproduit la pose du modèle du peintre, Edward James. Son regard bruni au rimmel se pose sur une pyramide de lumière. Autre surgissement du surréalisme dans son art musical, pour les titres des chansons de l’album, Numan se donnera comme contrainte de n’utiliser qu’un seul mot à chaque fois (Airlane, Metal, Complex, Films, M.E., Tracks, Observer, Conversation, Cars, Engineers).

 


> La musique venue d’ailleurs 

 


La voix froide et robotique (à la manière de Kraftwerk) de Gary, associée à son look androgyne vont frapper l’imagination de toute une génération, notamment en Angleterre, où l’album est numéro 1 pendant deux semaines, puis décrochera le top 10 aux États-Unis, de la même manière que Cars, le morceau le plus emblématique de l’album, classé, cette année 2009, 11ème parmi les 100 meilleurs chansons des années 80 par la chaîne de télévision américaine VHS1. Gary déclare rétrospectivement au sujet de Cars :
 

 » C’était la première fois que j’écrivais une chanson avec dans la tête que cela pourrait être un single à succès”.

C’est amusant à ce stade de constater d’ailleurs la permanence du thème de la voiture dans les grands thèmes de la musique électronique : Autobahn et Cars sont des symphonies automobiles, et Oxygène 4 a été écrit en pensant à un séjour en voiture (bon, OK, je me fais plaisir, là). Revenons à nos synthés. Numan saura exploiter toutes les ressources de son nouveau Moog polyphonique (le Polymoog 280 a) pour composer des mélodies tournoyantes dans des structures de chansons atypiques. Armé par les basses profondes du minimoog et son ARP Odyssey, il complète ainsi le trio atypique de musiciens qui l’accompagne sur l’album : le fidèle bassiste Paul Gardiner, le claviériste et violoncelliste Christopher Payne, et le nouveau venu, le batteur et percussioniste Cedric Sharpley. Numan n’hésite pas à intégrer violon alto et violoncelle (écoutez à ce sujet Complex) dans ses compositions. À tout cela s’ajoute son utilisation de batterie électronique. Ainsi, la formation rock annonciatrice des années 80 et de la new wave (aux côtés d’Ultravox) ne comporte quasiment pas de guitare.
 

 


> Le souffle de la machine 

 


L’album commence avec le titre instrumental Airlane qui est absolument magnifique, d’une atmosphère ouatée générée par le son embarqué du vox (Voix humaines) issu du Polymoog. Illustration de la versatilité de Numan, Complex donne sa propre version du son de Düsseldorf, avec un saisissant amalgame entre l’archet du violon de Billy Currie et  les touches dynamiques fortement flangées du « Poly ». Le final de l’album, est le morceau Cars, avec sa mélodie perchée au sommet des 71 touches du Polymoog. Refrain chantés et couplets déshumanisés se succèdent avec subtilité, formant un maillage entre homme et machine (qui est le thème de M.E.). Quant au titre-fleuve Conversation (plus de sept minutes), il représente un des plus longs solos de l’histoire des débuts du synthé dans un cadre pop.Tout au long de l’album, Gary Numan alterne textes énigmatiques et mélodies montantes entremêlées. Les chansons, qui ressemblent à des balades désincarnées, tourne souvent autour du thème de la paranoïa, de la science et de l’aliénation.  

L’écriture d’une chanson est un processus très insulaire. Le problème d’écrire par soi-même c’est que l’on peut se laisser rapidement entraîner dans la spirale du doute. (interview à Culture Belly, 2006)

The Pleasure Principle a fait l’objet d’une tournée mondiale très innovante intitulée The Touring principle, avec en première partie, les prometteurs Orchestral Manœuvres in the dark.

L’album a connu une descendance très nombreuses si on en juge par le nombre de remixes et samples qu’il aura suscité : pour Metal : Nine Inch Nails (groupe que Numan aime beaucoup), mais aussi le pionnier hip-hop Afrika Bambaata, et pour Cars, une reprise du groupe de rock Fear Factory (avec lequel Gary s’est amusé à jouer dans le clip), et plus anecdotiquement, Armand Van Helden (en 2000, toujours Cars), et pour M.E. : Baseman Jaxx, (en 2001) etc. Et il n’y aurai pas la place de citer toutes les réminiscences du clip et de la musique de « Cars » dans la culture anglo-saxonne (jusque dans une parodie dans le dessin animé The Simpson).

Une version augmentée de six titres en 1998 a succédé à l’album de 41 minutes d’origine. Elle comprend deux maquettes (Random et Oceans) et de quatre live, des morceaux concomitants de Tubeway Army plus une version de la chanson soul de 1963, On Broadway.Un classique de l’électronica à ne rater sous aucun prétexte !

 


> Track-listing 

 


 

  1. Airlane – 3:18
  2. Metal – 3:32
  3. Complex – 3:12
  4. Films – 4:09
  5. M.E. – 5:37
  6. Tracks – 2:51
  7. Observer – 2:53
  8. Conversation – 7:36
  9. Cars – 3:58

    http://www.youtube.com/watch?v=qXEu1odjKZM&NR=1

  10. Engineers – 4 :01

 

 


> Ressources sur le web

 

 

 


Un commentaire

  1. Atem dit :

    The Pleasure Principle est le meilleur album de Gary Numan même si Replicas et Telekon comportent aussi de très bons moments

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