Leftfield (1990-2002)

LeftfieldDestin discographique aussi fulgurant que bref pour les deux anglais de Leftfield, Paul Daley et Neil Barnes. Ils sont à placer au même niveau d’importance qu’Underworld (Ils ont tous deux fait partie de l’aventure Trainspotting) dans la musique des années quatre-vingt dix, et ce, avec seulement deux albums au compteur. La singularité de Leftfield vient de leur intégration d’éléments de dub et de reggae dans la musique house, ainsi que de la prestation de chanteurs live pendant leurs concerts, chose assez peu commune à leur époque. Ils sont à ce titre parmi les pionniers du mouvement progressive house.

Barnes, DJ résidant au Wag Club, a deux passions dans la vie : les platines et les percussions, singulièrement ceux des caraïbes. À ce titre, il a fréquenté l’école londonnienne de samba, et ne quitte jamais ses congas. Il créé les singles Not forgotten et More than I know en solo sur le label Outer Rythm, en utilisant ce nom, Leftfield, qu’il pérennisera une fois le duo monté. Les deux hommes se rencontrent dans un club, « Le Violets », où ils jouent ensemble en tant que percussionnistes. Se trouvant des affinités musicales, ils créent leur label, Hard Hands, au moment où Paul Daley rejoint son compatriote en 1991. Celui-ci, après avoir remixé More than I know, collabore à l’écriture du troisième single de Leftfield, Release the Pressure, qui rentre dans le top 20 Singles britannique.


> De dub en tubes


Il faut préciser qu’avant d’intégrer Leftfield, Daley avait tout de même déjà un grand CV derrière lui, en participant aux groupes punk The Rivals (de 1980 à 1981), puis à l’aventure acid-jazz du superbe groupe A man called Adam (1990). Le quatrième single de Leftfield, Song of life, connait un succès modeste (59ème du top britannique). Pour le titre Open Up, Leftfield débauche comme guest vocal John Lydon (alias Johnny Rotten des Sex Pistols), en 1993, et le pari réussit (13ème) : « Nous ne voulions pas utiliser John, mais la voix de John. Il a toujours une voix qui est très excitante », déclare Neil. Open Up est utilisé dans la B.O. du film Hackers, où la jeune et « Jolie » Angelina du même nom fait sa quatrième apparition au cinéma. À ce moment, les grandes maisons de disques, la Columbia en tête, font chauffer les téléphones des deux complices. 

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Columbia/CBS a placé intelligemment sa confiance dans le groupe. En 1995, elle lance l’album Leftism, intégrant Open Up. 500.000 exemplaires s’écoulent et n°3 ventes d’albums au pays de Pulp et Oasis. Le mensuel anglais « Q magazine » élèvera Leftism à la 34ème place des 100 meilleurs albums de tous les temps. Il marie instrumentaux et morceaux chantés (Toni Halliday, John Lydon et le jamaïcain Earl Sixteen) Le disque sera réédité en 2000 avec un disque de remixes. A Final Hit est intégré à la première livraison de la bande originale du film de Danny Boyle Trainspotting (1996), contribuant encore à populariser le groupe. S’ensuit une tournée en Angleterre durant laquelle Daley s’essaie même au Theremin !

 


> L’album de la consécration 

 


LeftfieldLeur deuxième disque, Rhythm and Stealth, en 1999, distribué par Sony, se place en tête des charts britanniques. Son atmosphère est plus sombre et sophistiqué que son prédécesseur.  Il contient des prestations vocales de Roots Manuva, MC Cheshire Cat, et de leur modèle, Afrika Bambaataa (Africa Shox). Comme le précédent album, il est nominé au Mercury Music Prize (en 2000), mais n’est pas lauréat. Qu’importe, l’intégration d’un extrait minimal du titre Phat Planet dans une publicité très populaire pour la bière Guiness, intitulée « Surfers » ou plus communément « Guiness Horses » enivre de nouveau le public d’Outre-manche. Le titre sera également utilisé sur des jeux vidéos et la série télévisée Beast Machines.  

 


> Polémiques et séparation 

 


Le groupe se produit un peu partout, y compris au Funky Techno Tribe de San Fransisco. Au cours de sa carrière, Leftfield a connu de nombreux déboires avec la police, en raison des plaintes de spectateurs relatives au volume excessif de sa sonorisation. Ainsi, en 2000, au cours d’un concert à la Brixton Academy (qui reçoit des stars, comme son nom l’indique),  la plâtre suintait du plafond tant le son était fort ! Mais certains y trouvaient leur pied ! Neil fait un pied de nez aux critiques : « J’ai été à des concerts où on pouvait tenir une conversation. Quel est l’intérêt ? C’est comme tous ces groupes qui partent en tournée deux semaines après la sortie de leur album : je me demande bien comment ils ont un son de bonne qualité aussi rapidement. » 

Un album de remixes, Stealth remixes, qui accompagne le LP de mai 2000, achève la production effective du groupe (qui ne le sait pas encore). Cet album existe aussi de pair avec l’album de 1999 en boitier 2-CD.Sony BMG édite un best-of intitulé A final Hit en 2005. Le chemin des deux hommes se sépare en 2002. « Après douze ans de collaboration, nous avons décidé d’un commun accord de débrancher la prise Leftfield. Les fans de leftfield ne doivent pas se sentir triste. C’est le début d’un processus qui va de l’avant. » Depuis lors, chacun poursuit une carrière solo.

 


> Discographie 

 


 

  • Leftism (30 Janvier 1995)
  • Rhythm and Stealth (20 Septembre 1999)
  • Stealth Remixes (29 May 2000)

 


> Ressources sur le web 

 


 

 


Un commentaire

  1. vandendriessche dit :

    Heho,
    Je me souviens d’ un genre de documentaire télé, en 1998 je crois…
    Sujet: snowboard sans limites
    Soundtrack: leftfield en grande partie.
    Quelqu’un peut-il me renseigner plus?
    Merci beaucoup.

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