Visage – des touches de gris

Steve Strange, de VisageVisage est un des groupes-phares des années 80 en Angleterre. Il est surtout connu pour son tube Fade to grey.
L’histoire de Visage commence lorsque Steve Strange, son futur leader, convainc son ami DJ Rusty Egan de monter un groupe. À cette époque, ils travaillent dans la même boîte de nuit du quartier de Soho, le Blitz Club, qui est à la pointe de l’anticonformisme vestimentaire, à contre-courant de la vague punk dont ils ont pourtant été les adeptes quelque temps plus tôt. Au Billy’s en 1978, puis au Blitz dès l’année suivante, Steve va cotoyer en tant que portier puis animateur ses alter ego, Boy George, Spandau Ballet, et développer son adm
iration pour David Bowie quand il organisera les premières Bowie Nights, à grand renfort de rouge à lèvres.
Egan, de son côté, officie depuis quelque temps dans le groupe The Rich kids en tant que batteur, aux côtés de Midge Ure. C’est ce trio qui enregistre une cassette de démo sous le nom de Visage, qui inclut une reprise de Zager et Evans, In The Year 2525, (titre vintage numéro 1 en 1969). À propos du nom Visage, le groupe estime qu’un nom français correspond bien à l’étiquette néo-romantique qui leur est décerné jusqu’à l’extérieur du Royaume-Uni. Mais il faut attendre l’adjonction de trois membres du groupe post-punk Magazine, le guitariste John Mc Geoh, le bassiste Barny Adamson  et le claviériste Dave Formula ainsi que du multi-instrumentiste Billy Currie (ex-Ultravox) pour voir les conditions du succès se réunir. Visage produit son premier single commercial « Tar », en septembre 1979 sur le label Radar, et est signé chez Polydor en mai 1980. C’est à peu près en même temps qu’il apparait dans le clip de David Bowie Ashes to Ashes, qui est justement une ode au mouvement Nouveaux Romantiques. Strange tire sa force créatrice de ce qu’il appelle son « Ghetto gay », et si sa voix n’est pas étincelante, en revanche ses recrues musicales se font avec beaucoup de goût.

 

 


> Le phénomène Fade to grey


 Le groupe Visage à son apogéeEt le coup d’éclat de Visage intervient précisément en 1980. Fade to grey fait danser les ondes du monde entier avec de premières places dans les charts en Suisse et en Allemagne. En France, le charme de la voix de Brigitte Arens (la compagne de Rusty Egans) fait beaucoup pour la réussite de la chanson. Car, en terme de sens, que ce soit surt le plan des paroles ou des images, même les anglophones sont déboussolés. Son clip fantasmatique, signé Kevin Godley et Lol Creme, fait apparaitre de nombreux dessins sous forme de maquillage sur le corps de Steve. En tous cas, l’un des tubes définitifs de la new wave est né.

L’album éponyme de Visage sort dans la foulée de cette entrée dans la lumière des projecteurs. Il se hisse finalement à la treizième place des charts britanniques. À l’automne 1981, le groupe au complet se replie en studio – sans toutefois Mc Geoh) pour enregistrer The Anvil en mars 1982, qui sera l’album de la transfiguration. En effet, deux singles, Night Train et The Damned don’t cry s’inscrivent dans le top 20 au Royaume-Uni.

 

 


> Visage se disloque


 Après le départ inaperçu d’Adamson (il travaillait dans l’ombre de ses camarades) Midge Ure, qui devient chanteur chez Ultravox, part à son tour. Le temps tourne à la grisaille pour la formation londonienne. La place de bassiste revient à Steve Barnacle. Un nouveau single au titre explicite, « Pleasure boys », qui dépeint les moeurs du club Hell, sort en octobre 1982, sans grand retentissement. Mais la collection de tube des deux précédents albums suffit à faire vivre la maison de disques.

En 1983, Polydor publie un best-of, Fade to Grey, the Singles collection, certifié disque d’or en Angleterre. Le troisième et dernier album de la bande à Strange, Beat boy,  est un pis-aller, et précipite le départ de Billy Curie et Dave Formula. Le proto-groupe embauche Steve Barnacle et Andy Barnett pour leur dernière série de concerts. Une VHS regroupant clips et passages télé (réédité en 2006 sous le nom Visage : Live) de Visage, marque la dernière page de l’aventure. Visage ferme définitivement en 1985.

 

 


> La traversée du désert sans fin de Steve Strange  

 


Par cause à effet ou l’inverse, Strange s’enfonce chaque semaine un peu plus dans l’enfer de l’héroïne, plongé dans ce brasier que constitue en ce sens Ibiza à partir de 1985. Steve, clown triste, brisé et pathétique se replie chez sa mère à la fin des années 90. Par la grâce d’un remix signé Bassheads en 1993, Fade to grey revient aux oreilles d’une nouvelle génération. En 2000, c’est par la voix des faits divers que Strange se manifeste de nouveau : après avoir été convaincu de vol de poupée Teletubbies à 11 livres, victime de sa cleptomanie.  Depuis, Strange a refait surface dans le monde de l’électronique en 2002, d’abord avec son autobiographie intiulée « Blitzed ! » puis avec son groupe Visage Mark II (abrégé Visage Mk II) qui regroupe un cheptel de jeunes musiciens autour de lui : Steven Young, Ross Tregenza, Sandrine Gouriou et Rosie Harris. Une nouvelle version de Fade to grey est proposée en 2005 sur le site du groupe nouvellement nommé.

Toujours en 2005, Billy Currie, l’un des compositeurs principaux de Fade to Grey, et joueur de violon sur de nombreux titres de Visage, intente un procès à Kelly Osbourne, auteur de « One World », pour plagiat du tube de 1980. Ils règlent à l’amiable contre un 50/50 des ventes du single. Du côté de Visage Mk II, les bénéfices du premier album officiel, Diary of a madman, sont reversés à un organisme d’aide à l’enfance. Steve Participe à plusieurs émissions de télé-réalité qui vise à le sortir de son statut de has-been à la télé anglaise, sans grand succès.  Il semblerait que depuis, les projets de Steve se déroulent au compte-gouttes.

 

 


> Ressource sur le web

 

  • Fade to grey :Image de prévisualisation YouTube
 


2 commentaires

  1. Ton blog est vraiment sympa bravo

    alex, http://calendriere.com
    ..::Webmaster::.. Merci, j’espère que ce commentaire fera date ! ;)

    Dernière publication sur  : Destruction de la maison coloniale ile Maurice

  2. benzoil dit :

    Super article bien réalisé!

    Qu’est devenu la femme (Brigitte Arens) qui chantait sur ce tube?
    pas moyen de trouver une trace sur le net de son parcours!

    benzoil

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