Suzanne Ciani – Synthissimo

Suzanne Ciani et le synthétiseur BuchlaSuzanne Ciani (née le 4 juillet 1946) est une des figures tutélaires de la pratique du synthétiseur et une des rares figures féminines de cet art, avec Wendy Carlos. Ceci est principalement le fait de sa rencontre avec Don Buchla, le père du synthétiseur du même nom, tandis qu’elle étudiait la composition à Berkeley. C’est grâce à Buchla que Ciani s’ouvrit à la musique électronique, elle qui entreprit un parcours de pianiste classique. Aujourd’hui ayant pris le tournant new age, elle marrie acoustique et électronique.

L’éveil de Suzanne à la musique se déclenche lorsque sa mère fait tourner Mozart, Beethoven et Bach sur ses tourne-disques. Troisième d’une lignée de six enfants, élevé dans une famille fortuné (son père est un chirurgien réputé), Suzanne caresse très vite – à cinq ans – les touches d’ivoire dévolus à sa sœur aînée. La jeune fille fait le rejet de son premier professeur de piano, qui escamote ses possibilités. Pendant plusieurs années avant de reprendre des cours à Boston, elle se forme en autodidacte.


> Études et expérimentations 

Suzanne épanouie son don lors de ses études brillantes au Wellseley College, tout en composant entre les cours. C’est la rencontre avec Don Buchla à la fin des années 60 qui va lui permettre de jouer un synthétiseur de laboratoire, l’étrange modulaire Buchla ses plaques de métal en guise de touche et ses molettes de contrôles quasiment infinis. Elle donne d’ailleurs quelques concerts à Los Angeles qui stupéfait l’audience intello devant l’instrument, massif et étrange. Pendant un séminaire d’été, elle rencontre John Chowning, le père de la synthèse numérique des sons. Enfin, elle obtient son master de composition dans le cadre prestigieux de Berkeley, en 1970.
La Californie est un eldorado pour la jeune Suzanne, en recherche d’innovations au tout début des années 70. Elle croise ainsi, à Stanford  une autre personnalité du futur de la musique : Max Matthews, de l’Artificial Intelligence Lab, qui conçoit le premier programme de musique sur ordinateur. Elle réalise avec son encouragement et sous sa supervision de l’artiste Harold Paris une pièce, devenu collector depuis, intitulé Voices of Packaged Souls, joué seulement une fois, dans un musée en Belgique. Toutes ces rencontres d’exception ne laissent pas de doute sur l’orientation future de sa musique, qui fera l’objet de nombreuses innovations, dont la « voice box » de sa conception.


> Installation à New York 

Suzanne CianiEn 1974, la jeune femme s’installe sur la Côte Est. Sans le sou, elle s’impose quelque temps dans le studio new-yorkais de Philip Glass, contre des leçons de synthétiseurs, le temps de créer l’éphémère Electronic Center for New Music, puis fonde sa société de production nommé Ciani-Musica avec l’appui d’un ancien de la Motown, Billy Davis. Ciani-Music est installée sur Madison Avenue, surnommée «l’avenue de la publicité». C’est de ce moment qu’elle trouve dans les messages publicitaires le support idéal pour exprimer son art de création sonore au Buchla. On retiendra de cette série le fameux son de la bouteille Coca-Cola « Pop and Pour» (Ouvrir et verser), recréé par contrôle de voltage, et qui a servi à la marque pendant des années comme signature sonore. Elle fait aussitôt la couverture du supplément culturel du New York Times. Jeune femme plein d’allants, elle n’a alors aucun mal à convaincre les publicitaires de transcrire tous les sons bizarres de leur esprit via la machine : General Electric, American Express, Merryl Linch les films Columbia et AT&T lui font confiance. Ses sons vivent dans l’inconscient des américains.
Elle compose la bande originale de plusieurs films, underground comme le Rainbow’s Children de Lloyd Williams ou à faible impact, comme le remake de The Incredible Shrinking Man de Lily Tomlin, en 1981. Par ailleurs, Suzanne collabora à la version disco du thème de Star Wars, signée Meco (oui, le disco engloutit tout à cette époque) en 1977.


> Deux premiers albums 

Il faut attendre 1982 pour voir sa première réalisation discographique, qui représente deux ans de travail (à côté de son activité de prestataire pour la publicité), Seven Waves. Comme sur la plupart de ces albums des années 80, Ciani ne laisse le soin à personne d’autre qu’elle-même pour tous les aspects de jeu, d’arrangements et de production. Le disque passe totalement inaperçu sauf au Japon où il a un succès surprise.
L’album suivant de Suzanne sort en 1986. Il s’intitule The Velocity of Love, avec une participation de Vangelis (qu’elle a rencontrée au début des années 80) au CS-80. Le disque est initialement sur le label RCA. Le contrat qu’elle signe lui permettra de récupérer les droits sur les originaux. Avec 200.000 copies écoulées, c’est le premier gros succès de l’artiste.


> Les années Private Music

À l’arrivée de l’ex-Tangerine Dream Peter Baumann en Amérique, Suzanne se voit offrir un contrat avec le label Private Music pour cinq nouveaux albums. Elle finit par le signer en 1987. Mais l’italo-américaine espace ses albums pour faire de la place à des projets annexes : ainsi, en 1988, Suzanne travaille également pour un jeu de flipper, Xenon, dans lequel on entend sa voix modulée.
Avec Neverland, en 1988, Ciani est nominé pour son premier Grammy Award. Elle cumule cinq nominations à ce jour, mais jamais de prix. À cette époque, elle tente de se désengager contractuellement de Ciani-Musica, sans succès. Cette année-là, elle fait la B.O. du long-métrage des soeurs Petrie Mère Theresa.
En 1989, History of my heart est enregistré en Californie, au bord de l’Océan Pacifique, plongeant un peu plus dans l’introspection et la musique méditative. Après ce disque, l’alchimie synthétiseurs-piano acoustique ne sera jamais aussi forte. Elle expliquera ultérieurement que les nouveaux synthétiseurs ne l’intéressent plus comme avant. En 1990, elle retrouve le piano sur les conseils de Peter Baumann, pour le premier opus de Pianissimo. 250.000 exemplaires sont vendus. C’est le premier album acoustique de ses doigts de fée électrisés depuis ses débuts.
Installée en Italie, à Capri exactement, Suzanne prend le temps de composer son ode à l’Italie Hotel Luna (1991), qui mélange acoustique et synthétiseurs pour développer des climats langoureux. Une dispute au sujet de la sortie de l’album, qui est cité aux Grammys cause la rupture avec Private Music. Un disque de compilations The private music of Suzanne Ciani, conclue leur collaboration.


> Le virage symphonique 

Suzanne Ciani au pianoDésormais à la tête de son propre label, Seventh Wave à la fin de 1994-début 1995, Ciani va faire prendre à son travail une dimension plus orchestrale, enregistrant en Russie un orchestre de 70 musiciens pour n’intervenir qu’au piano sur l’album Dream Suite (1994). Elle y développe les aspects multimédia sous forme de CD-Rom. Une de fois de plus, le Grammy lui échappe, tandis qu’elle se tient à mi-distance entre new age et classique romantique. Cette année-là Ciani réchappe d’un cancer du sein et se marie à un avocat spécialisé dans la musique qui se fait aussi producteur pour son épouse.
Pour Pianissimo II (1996), elle collabore avec des compatriotes, l’orchestre Salieri de Verone. Son piano Yamaha est assemblé par ses soins. C’est une nouvelle nomination aux Grammy Awards. Cette année là, elle donne un concert piano solo an Californie.
Le premier DVD de Suzanne sort en 1997, et il s’appelle Suzanne Ciani and the Seventh Wave – Live !, c’est un live enregistré à San Fransisco au Herbst Theater, accompagné d’une formation hybride entre le jazz et la musique de chambre. Il est suivi d’un reportage signée Sylvie Jacquemin, Natura Poetica, où l’artiste détaille la relation qu’elle fait entre musique, poèsie et nature.
Puis, en 1999, elle sort l’album Turning, qui est nominé à la fois chez les indépendants et sur le circuit commercial (aux Grammys). Sur cet album orientalisant (elle a été marquée par ses voyages en Asie), de nombreux guests entrent en scène, notamment la chanteuse taïwanaise Chyu-Yu.


> Les années 2000

En 2001, est édité le troisième opus de Pianissimo. Sur son label, peu d’artistes ont l’honneur de pouvoir être produit. Exceptions à cette règle : le pianiste Roy Eaton et la harpiste Georgie Kelly. En 2003, elle sort deux compilations coup sur coup, Meditations for dreams, relaxation, and sleep, puis, en 2003, une autre, Pure Romance. Ces sorties opportunistes ne ravissent pas les fans, mais permettent de drainer de nouveaux auditeurs. Les critiques de Ciani la classe volontiers dans la catégorie easy-listening.
En 2005, elle décroche le prix du meilleur album indépendant pour Silver Ship. Depuis quelques années, elle travaille autour du thème de la nature. Elle a sorti un DVD en 2008 : Galapagos – a musical journey.
Grande adepte du Yoga, Suzanne Ciani est aujourd’hui l’une des musiciennes les plus admirées dans la sphère du new age, même si elle s’en défend un peu. Selon elle,  » New age est un terme générique pour toute les musiques instrumentales. C’est un terme marketing, générique (…) Je ne pense pas ma musique comme étant « new age », c’est juste l’endroit du magasin où vous trouveerez mes disques ».


> Ressources sur le web

 


Un commentaire

  1. Andeyl dit :

    La deesse du clavier,l’harmonie entre le genie et la beauté!
    Musicalement,Andeyl

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