Silver Apples, bidouille and Coxe

Simeon Coxe III, de Silver ApplesTrois ans et deux albums. Et pourtant, avec une existence aussi éphémère, Silver Apples (à ne pas confondre avec Silver Apples of the Moon, un morceau de Morton Subotnick) est un des groupes les plus renommés de l’histoire des musiques électroniques. Il faut d’emblée préciser que la création de Silver Apples remonte à 1967. On tient là le « Velvet Underground de l’électro » eu égard au berceau commun, New York.

Ce groupe d’avant-garde se constitue du binôme Simeon Coxe III dit Simeon (narrateur et synthétiste) et du chanteur/batteur Danny Taylor. Simeon Coxe est un artiste originaire d’Alabama, passé par la Nouvelle Orléans, est a officié dans les galeries d’art de Big Apple (le surnom de New York) en solo, fait quelques piges de journaliste, puis pris part à plusieurs groupes rock alternatifs avant de rencontrer son futur partenaire. Silver Apples a débuté à New York, sous le nom The Overland Stage Electric Band, une formation rock psychédélique qui officie dans un petit bar. La singularité de Coxe a fini par éloigner tous les membres, excepté Taylor. Le groupe tire son nom d’un poème de William Butler Yeats, The Song of the Wandering Aengus.

Simeon a travaillé très vite avec un synthétiseur rudimentaire, qui prendra ultérieurement son nom, le Simeon. Il consiste en une superposition improbable d’oscillateurs (9 dans sa première mouture) datant des années 40, qu’il actionne, avec ses mains coudes et genoux, grâce à un système personnalisé de 86 poussoirs et autres pédaliers. Le groupe agrémente aussi parfois ses chansons hallucinées (demi-chantées, demi-parlées) d’enregistrements de la vie quotidienne. Le résultat de ces expérimentations est régulièrement dissonant, mais l’effet scénique est démentiel. Le jeu de Taylor, très minimaliste, peut se retrouver chez quelques batteurs célèbres du Krautrock, comme Jaki Liebezeit (bien qu’ils évoluent dans des univers étanches l’un à l’autre). Quant à la diction de Coxe, elle n’est pas sans évoquer la voix en pavillon chère à Kraftwerk.


> Premier album


Silver ApplesEn 1968, le duo signe un contrat d’engament avec Kapp Records, et publie son premier album, éponyme, dont est extrait le single «Oscillations». L’album s’installe péniblement dans le top 200 (il est probable qu’à notre époque il ne serait même pas dans le top 2.000), ce qui est déjà un énorme exploit. Ils collaborent à cette occasion avec le futur poète Stanley Warren, qui signe la majorité des paroles du premier album (et le titre Gypsy Love sur le deuxième album) et restera un proche de Coxe. L’année d’après, les deux compères publient Contact, avec un succès toujours aussi relatif, et effectuent une tournée aux États-Unis.
Leur troisième album enregistré, la compagnie Kapp Records a fait faillite, et ce travail ne refera surface quasiment trente ans plus tard. En effet, les bandes originales dorment dans le grenier de Taylor pendant toutes ces années.


> Séparation et relance des années quatre-vingt-dix


Le groupe se sépare en 1969, non sans s’être produit auparavant à Central Park dans des conditions météo rock’n’roll, pour se reformer dans les années 90. Pendant cette longue coupure, Simeon s’installe dans son berceau de l’Alabama et retourne à ses premiers amours et devient commissaire d’exposition dans une gallerie d’art et s’initie à la vidéo. En 1994, leurs deux premiers albums sont réédités en double album pour le compte du label allemand TRC. La renaissance officielle du groupe intervient en 1997. Le groupe se produit à nouveau sur scène, trente ans après ses débuts. Beacon, un ensemble de nouvelles chansons, dirigées par le producteur Steve Albini, est publié, et bénéficie d’une distribution mondiale. Leur culte dans la scène underground et la musique dance sera exalté par l’album Beacon remixes. En 1998, The Garden, le fameux troisième album inédit, est finalement pressé. De son côté, Coxe collabore avec Peter Kember sur le projet Lake of Teardrops.

Coxe embauche le multi-instrumentiste Xian Hawkins pour effectuer une nouvelle tournée triomphale aux Etats-Unis. Puis, Taylor complète le trio, qui enregistre de nouveaux morceaux, et même plusieurs albums en 1998. Entre 1997 et 1998, le groupe enchaine une centaine de concerts, aux États-Unis, en Europe et au Japon. Mais le sort va frapper à la porte des membres du nouveau combo. En 1999, à New York, le camion qui transporte les musiciens est heurté violemment par un autre véhicule et Coxe est de la sorte atteint d’une paralysie partielle. Cela obligera Coxe à se réapproprier son ancien répertoire progressivement, en adaptant son jeu (notamment les mains) à son handicap qui le ralentit beaucoup.


> Années 2000


Le 10 mars 2005, Taylor succombe à une crise cardiaque. Quand à Simon Coxe, il continue de se produire à travers le monde, avec la batterie de son ami générée électroniquement, avec ses anciens tubes. La voix n’est toujours pas là, mais la complicité avec la génération techno consacre Simeon en super papy de l’électro.


> Discographie


  • Silver Apples, Kapp Records, 1968
  • Contact, Kapp, 1969
  • Beacon, Whirlybird, 1998
  • Garden, Whirlybird, 1998
  • Decatur, Whirlybird, 1998


> Ressources sur le web


 

 


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