Jarre invité de Radio Nostalgie le 8 octobre 2009

Jarre invité de Radio Nostalgie le 8 octobre 2009 dans Bio de Jarre logoLe jeudi 8 octobre entre 7 heures et 9 heures, Jean Michel Jarre était l’invité de la matinale de Radio Nostalgie. Il répondait aux questions du journaliste Marc Leval dans la cadre de l’émission « Happy days ». Voir l’émission sur le site de la radio Partie 1, Partie 2, Partie 3. Je retranscris ici un extrait de la partie 1 où Jean Michel évoque ses concerts en France car elle me semble être la plus intéressante.

Marc Leval : Sur Radio Nostalgie, ce matin, on reçoit évidemment l’artiste de tous les superlatifs basés sur le gigantisme. Vous le connaissez, c’est le pionnier de la musique électronique, c’est lui qu’on surnomme l’architecte des vibrations sonores et émotionnelles, avec ses concepts que vous connaissez aussi, les concerts sons et lumières que vous avez vu, vécu ou entendu. C’est un auteur-compositeur sans frontières pouvant même dépasser celle que peut nous imposer la gravité terrestre, puisque des astéroïdes, parait-il, porte son nom. Mesdames messieurs, ce matin : Jean-Michel Jarre !

(Applaudissements dans le studio)

JMJ : Merci beaucoup, bonjour à tous !

Marc Leval : Comment ça va, Jean-Michel ?

JMJ : Ça va très bien. Heureux d’être ici.

Marc Leval : Merci d’être là. Pas trop tôt ?

JMJ : (Plaisantant) Oh ben, « hum », ça, on va pas en parler, mais euh…

(Rires)

Marc Leval : Alors la question que je pose régulièrement, c’est de savoir : Plutôt du matin, plutôt du soir ?

JMJ : Plutôt du soir.

Marc Leval : En général, les artistes sont des oiseaux de nuit, hein ?

JMJ : Oui, c’est même banal dans le domaine de la musique. De toute façon, c’est vrai que quand la nuit tombe, il y a en général moins de bruit, il y a moins de pollution sonore. Et la marginalité de la nuit permet de composer, d’écrire de la musique plus facilement, je crois. Ça va de soi. Tout le monde peut le comprendre et c’est la raison pour laquelle finalement même si on n’est pas « de nuit », on le devient, par la force des choses.

Marc Leval (fait les présentations autour de la table d’interview): Jean-Michel, Léa Margot.

JMJ : Bonjour Léa.

Léa Margaux : Bonjour.

Marc Leval : Léa, qui m’accompagne évidemment tous les matins… Alors dans la définition est-ce que ça convient : «l’architecte des vibrations sonores et émotionnelles », c’est beau ça ?

JMJ : (Plaisantant) Ça part très fort, là, c’est très difficile. Je ne sais pas si je vais pouvoir tenir jusqu’à ce soir.

(Rire général)

Marc Leval : Alors, Léa Margot sera avec nous et va ponctuer cette émission avec votre cas, qu’on a épluché en long, en large…

JMJ : (Plaisantant) Aïe, aïe, aïe.

Marc Leval : …Avec vos inspirations, vos passions, peut-être même vos superstitions aussi, votre signe astrologique. Est-ce que vous croyez à ça, déjà. Vous consultez un petit peu, les horoscopes sur les journaux ?

JMJ : Oui…. Euh… Non… Sur les journaux, ça m’arrive comme tout le monde, de tomber dessus.

Marc Leval : …Ou même avec des astrologues ou des voyants ?

JMJ : Non, enfin de toute façon, tout ce qui est lié aux planètes m’intéresse de manière générale, mais non, je ne suis pas un hystérique de ça, mai sen même temps, ça m’amuse et j’aime bien l’entendre.

Marc Leval : On verra ça avec Léa tout à l’heure. Avant cela, on parle bien sûr de votre actualité en mars 2010. Ce n’est pas un mois au hasard ni une année au hasard. Huit concerts à travers la France. Mais moi, avant cela, c’est un grand moment d’émotion pour moi, je vais vous dire pourquoi, Jean Michel, parce que… Pour moi, Jean Michel Jarre, c’est évidemment l’homme avec la guitare-synthétiseur sur scène, mais c’est aussi une petite cassette audio que mon père mettait régulièrement en partant en vacances dans l’autoradio avec l’album Oxygène. Le premier souvenir qui me revient à l’esprit.

JMJ : Oui, ça, c’est finalement la beauté, le privilège de la musique et des musiciens, c’est-à-dire d’avoir la chance, quand ce que vous faites a une résonance vis-à-vis du public, de pouvoir éveiller ce genre de réflexe, ou ce genre de réflexe nostalgique, au bon sens du terme.

Marc Leval : Je pensai que vous alliez me dire : « Dis donc, là, j’ai pris un coup de vieux, là, ça commence bien» (Rires).

JMJ : Non, pas du tout, ben non, pas du tout. Si on pense aux musiciens classiques des siècles précédents, je suis un bébé, donc c’est pas un problème…

Marc Leval : Jean-Michel Jarre est avec nous pour le petit-déjeuner, on le retrouve dans un instant…

(Coupure)

Marc Leval : Monsieur 4422 Jarre… On va expliquer un petit peu pourquoi…

JMJ : (Faisant signe au journaliste) Expliquez, expliquez, oui…

Marc Leval : Il y a un nom, enfin, votre nom a été donné à un astéroïde.

JMJ : Oui, c’est ça, c’est-à-dire qu’à l’époque du concert de Houston, qui était un concert qui était fait en complicité avec la NASA. La NASA avait décidé pour la première fois de son histoire de participer à une manifestation, un concert. J’ai eu beaucoup de liens à cette époque-là avec des astronomes (on aura peut-être l’occasion d’en parler à l’antenne à un moment donné. Et en fait, on découvre des mini-planètes ou des astéroïdes pratiquement tous les jours ou toutes les semaines. Et en fait, ils ont décidé d’appeler une de ces mini-planètes, enfin un de ces astéroïdes par mon nom. Et il y a effectivement quelques musiciens éminents comme Lennon, Zappa et quelques autres, et donc, je suis bien entouré, mais la mienne, elle n’est pas très jolie. Elle n’est pas terrible.

Marc Leval : Est-ce que vous l’avez vu ?

JMJ : Je l’ai vu, elle n’est pas terrible. Celle de Zappa elle est très belle, et je suis un peu jaloux, quand même… mais enfin bon, on ne va pas se plaindre, quand même.

Marc Leval : Vous savez qui a découvert cet astéroïde ?

JMJ : Non.

Marc Leval : Il s’appelle Louis Boyer.

JMJ : Ah ! C’est ça.

Marc Leval : Et c’est l’observatoire d’Alger.

JMJ : Ah ben ça, je ne le savais pas.

Marc Leval : Et il a été découvert en… 1942.

JMJ : Oui, c’est ça, ils ont mis du temps à l’appeler… Mais enfin là, en 1942, c’était pas possible [NDLR : Jean Michel est né en 1948].

Marc Leval : C’est ça…

(Rires)

Marc Leval : Alors évidemment, on restera dans les étoiles, parce que vous savez, il y a une réflexion qui dit : » Jean Michel Jarre, il est un peu perché ». Est-ce que vous êtes souvent dans la lune ? … Est-ce que vous êtes tête en l’air, un peu étourdi, un peu « j’oublie, j’aurai dû » ?

JMJ : Un peu. C’est-à-dire que je pense que ma musique comme moi d’ailleurs, je me situe un peu entre ciel et terre. C’est quelque fois un peu à cinq mètres du sol, mais on essaie des fois de mettre des trucs dans les poches pour…

Marc Leval : …Pour garder les pieds sur terre.

JMJ : Oui. Voilà.

Marc Leval : Alors l’évènement évidemment c’est mars 2010, les huit dates, les huit concerts… Est-ce que vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez joué en France ? Moi j’ai une  date, mais bon…

JMJ : Ça dépend de quoi on parle. La dernière fois, ça peut être il y a pas très longtemps avec des copains. Mais en concert, on a fait un très joli projet – ensemble d’ailleurs – c’était en 2007…

Marc Leval : Oui, c’est ça.

JMJ : …Au théâtre Marigny. Dans quelque chose qui était absolument l’opposé de là où on pouvait m’attendre d’habitude – le Concert de La Défense, comme la Tour Eiffel. Et qui était quelque chose qui était un très, très, bon moment pour moi et  un moment de partage avec la radio Nostalgie et dont je garde un très bon souvenir.

Marc Leval : Tant mieux. C’est noté, c’est enregistré. Et on vous le ressortira si un jour il y a un problème.

(Rires)

JMJ : J’y compte bien.

Marc Leval : Alors, l’année 2010… Alors les dates, il y a Bordeaux, Nantes, Marseille, Nice, Toulouse, Lyon, Paris et Strasbourg. Vous avez joué partout dans tous les terrains. Vous avez joué dans les déserts, sous la pluie dans des conditions épouvantables, je pense à Londres par exemple, vous avez joué également en pleine ville, évidemment, on les connait, les Houston, les Paris, les Lyon et autres. Et dans des champs d’éoliennes, j’ai entendu ça ? Au Danemark.

JMJ : Oui, oui, c’était lié à… J’ai toujours été relativement impliqué dans l’écologie, et tout ce qui est lié à l’environnement et effectivement, il y avait un projet qui était assez fou qui était de faire un concert dans un champ d’éoliennes au Danemark. Le Danemark ayant inventé les éoliennes, toutes ces énergies secondaires dans un premier temps, mais qui deviennent importantes aujourd’hui, donc c’était une manière aussi de donner un coup de projecteur sur les gens qui essaient de trouver des réponses et des solutions aux problèmes que nous connaissons.

Marc Leval :..écologiques. Absolument. On y reviendra, évidemment. Pour cette tournée, mars 2010, on va faire du Jean Michel Jarre « indoor » puisque vous avez choisi des Zéniths, vous avez choisi le Palais Omnisports de Paris-Bercy pour le 25 mars. Et puis, vous avez choisi également des patinoires. Alors pourquoi ne pas, pour aire un concert événementiel comme ceux que l’on connait, pourquoi ne pas avoir refait une Tour Eiffel, ou un Arc de Triomphe, ou quelque chose en extérieur ? Quelque chose d’aussi grandiose que ce que l’on connait depuis ces trente dernières années ?

JMJ : Ben, en fait, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, pour moi, c’est  pas tellement ça qui est important.

Marc Leval : Parce qu’on pourrait s’imaginer : Si c’est en intérieur, on aura peut-être moins que ce qu’il est capable de faire en extérieur.

JMJ : Je ne pense pas du tout. Je pense même l’inverse. Parce que souvent, quand on est à l’extérieur, on est confronté à des tas de problèmes (pointant le journaliste) – vous en parliez – de météo, etc. qui empêchent quelque fois d’aller au bout de certaines idées, qui m’ont empêché à certains moments d’aller au bout de certaines choses. Donc je pense pas du tout que ce soit ça et moi, mon idée, c’était justement de répondre un peu et de rendre un peu ce que j’ai ressenti par la public à travers le monde, des gens qui souvent faisaient des milliers de kilomètres pour venir me voir et de se dire : « J’ai envie d’aller chez eux et d’être dans une situation de proximité. Et par rapport à la scène et au public, et par rapport aussi au fait d’aller dans des endroits, dans des villes, et de me retrouver en prise directe avec le public qui me fait l’amitié de suivre ce que je fais depuis un certain temps. Du coup, il était impossible de commencer à faire une tournée de concerts en extérieur. Ça posait beaucoup trop de problèmes, techniques, économiques et autres. Et donc, l’idée s’est imposée d’elle-même de faire des concerts dans des salles quand même assez particulières mais avec une approche qui je pense, – en tous cas j’espère que les gens s’en rendront compte – totalement différente de ce qu’on voit d’habitude. C’est-à-dire que – moi je vais à beaucoup de concerts, et c’est pas du tout des jugements de valeur, parce qu’il y a des choses que j’adore, etc. mais d’emblée, ce sur quoi je travaille et les concerts que je vais présenter sont complètement différents de ce qu’on voit d’habitude -  et technologiquement, et au niveau du son, et au niveau de la scénographie. Donc je suis même assez excité de pouvoir justement présenter ça dans des salles que je puisse contrôler beaucoup plus qu’en extérieur.

Marc Leval : Mais on reste dans l’univers pyrotechnique, show laser, des choses come ça ?

JMJ : Euh… Oui, mais totalement revisité avec justement, puisqu’on parle de lasers…Moi j’ai beaucoup été lié au laser et en fait, j’ai utilisé beaucoup moins de laser qu’on ne croit. (Rires) Et les gens mélangent entre la lumière, les lasers, etc. Mais il se trouve que vous avez raison, l’année prochaine, une partie de toute la scénographie va être basé sur une exploitation du laser comme on ne l’a jamais vu. On travaille maintenant depuis un an ou deux avec toute une équipe pour vraiment plonger les gens dans une sorte d’immersion totale d’une matière de lumière qu’on n’a pas vu du tout. C’est pas du tout le laser qu’on voit dans des raves ou des discothèques qui est une utilisation assez classique. Là, c’est une utilisation complètement différente. Enfin nous, on est tous très excité par rapport à ça, donc j’espère que vous le serez aussi.

Marc Leval : Rien que de vous entendre, je peux vous dire que ça donne envie tout de suite. Et on se demande et on est très impatient de savoir également. On reviendra sur l’aspect purement technique et musical de vos prestations mais… Pour terminer… euh.. Pour continuer à parler de ces concerts, il y a quand même une date qui à mon avis va être quand même important pour vous, avec un lieu qui rappelle quelque chose, c’est Lyon…

JMJ : Bien sûr.

Marc Leval : Pour le 24 mars.

JMJ : Exactement.

Marc Leval : À Lyon, à la halle Tony Garnier. C’est ça ?

JMJ : Exactement. Et pour moi, c’est un retour dans ma ville natale et Dieu sait que pour chacun de nous, c’est des choses importantes, quand on a la chance de faire un métier comme celui que je fais, de se retrouver chez soi. C’est à la fois… Ça vous rend nerveux, parce que vous savez, de rentrer dans votre famille, vous avez toujours des problèmes, avec l’oncle, la tante, tout ça. Donc, vous savez, c’est toujours plus difficile dans sa famille. Alors, c’est un peu ça. Mais d’ailleurs, c’est un peu ça par rapport à toute cette tournée française. Moi, je fais beaucoup de concerts un peu partout, de faire cette tournée en France, pour moi, a un sens particulier, enfin, me touche beaucoup, parce que c’est vraiment  être chez moi et partager ce que j’ai fais avec la famille et c’est vraiment comme ça que j’approche cette tournée française.

Marc Leval : C’est une vraie communion…

JMJ : …Avec une véritable excitation et jubilation, je dirai.   

Marc Leval : Parfait, on va revenir dans un instant.

(Coupure)

 


3 commentaires

  1. fabrice baudinot dit :

    Je suis un fan de JMJ jusqu’à Zoolook et j’écoute souvent sa musique mais qu’on arrête de dire que c’est LE pionnier de la musique électronique car c’est absolument faux !!!
    ..::Webmaster::.. Tout à fait d’accord avec ton coup de gueule. Jarre, LE pionnier, c’est un raccourci journalistique. Tu noteras que je n’ai jamais été dans ce sens sur mon blog, puisque je m’efforce de mettre sa carrière en perspective en montrant tous les gens qui l’ont précédé.

  2. zoolook59 dit :

    très intéressant cette première partie, qui sur la forme, montre un jmj toujours souriant et blagueur, et sur le fond évoque la technique laser qui sera encore plus poussée que dans la 1ère partie.
    vivement 2010

  3. fabrice baudinot dit :

    Oui c’est pour ça que j’apprecie ton travail ;-)

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