La Planète Sauvage (BO du film) Alain Goraguer – 1973

B.O. de la Planète Sauvage par Alain GorageurLa Planète Sauvage est un film d’animation de René Laloux (1929-2004), basé sur un roman d’anticipation étrange de Stefan Wul, Oms en série, qui décrit un pays peuplé de Gullivers nommés Draags et d’homme lilliputiens nommés Om, regroupés sur la planète Ygam. Tout ce beau monde (même si les Draags et leurs yeux rouge sang ne sont pas de la beauté la plus évidente) va se bagarrer, les uns pour l’émancipation, les autres pour conserver leur domination intellectuelle et spirituelle. Le long métrage de 72 minutes (un des premiers faits par un français), basé sur des esquisses de Roland Topor, coscénariste, a été réalisé à Prague. Ce film a obtenu le Prix spécial du Jury à Cannes en 1973 et est pour beaucoup, devenu culte, en raison de sa dimension satirique. C’est le pianiste de jazz Alain Goraguer (né en 1931), accompagnateur de Boris Vian et un des arrangeurs, entre autres, de Serge Gainsbourg, France Gall, Jean Ferrat, ainsi que de très nombreuses musiques de film, qui en signe la partition que je vous présente maintenant.

La bande-son de La Planète Sauvage est composée de 25 courts morceaux, un certain nombre d’entre reposant sur une mélodie commune, comme c’est l’usage. Aux côtés de Jean Guérin au synthétiseur EMS VCS-3, Goraguer va réaliser une bande-son d’une singularité totale pour cette époque, en incorporant de nombreux effets électroniques à ses compositions très « psyché ». La guitare wah-wah est omniprésente dans le trip cosmique de cette planète sauvage. Quant à la guitare électrique, elle éclate en complaintes stridentes dans le générique. Certains climats sont très angoissants (écoutez L’Oiseau), et là, le Pink Floyd façon Syd Barrett n’est pas très éloigné des arrangements complexes et énergiques de Goraguer. Les chœurs féminins bourgeonnent en explosions suaves à la Bardot-Gainsbourg.


> Musique obsédante

Parmi la palette très riche de ce disque fantastique (aux deux sens du terme), notons le balade romantique désincarné (Mira et Ten), la valse enlevée, (Les Fusées), et le funk éhonté à la Shaft (Course de Ten).
Pour être à la hauteur de sa formation initiale de jazzman, Goraguer manie le swing en variant la vitesse de son jeu. Il accorde flûtes, sax (Strip Tease), orgue électrique Hammond, marimba, Theremin, Harpischord et Clavinet (Le Conseil des Draags) à un riff de basse ternaire qui forme le thème principal de la bande originale. Tout ceci confère à en faire une œuvre cohérente en plus de son côté court (38 minutes au compteur).
Cette musique a probablement été inspirée par La ballade de Melody Nelson de Gainsbourg, composé par Jean-Claude Vannier, le successeur de Goraguer au service de la musique de l’homme à la tête de chou. On y retrouve en tout cas une affirmation commune d’une mixture parfaitement réussie entre rock et orchestre, qui a inspiré Air, mais aussi jusqu’aux artistes du hip-hop américain qui l’ont massivement samplé.


> Track-listing

  1. Déshominisation (II) (0:54)
  2. Déshominisation (I) (3:50)
  3. Générique (0:44) 
  4. Le Bracelet (1:27) 
  5. Ten et Tiwa (1:46)
  6. Maquillage de Tiwa (1:17)
  7. Course de Ten (0:53)
  8. Ten et Médor (1:47)
  9. Ten et Tiwa Dorment (1:49)
  10. Ten Est Assomé (0:45)
  11. Abite (0:52)
  12. Conseil des Draags (0:56)
  13. Les Hommes – La Grande Co-Existence (1:15)
  14. La Femme (2:12)
  15. Mira et Ten (0:44)
  16. Mort de Draag (0:52)
  17. L’ Oiseau (2:28)
  18. La Cité des Hommes Libres (0:51)
  19. Attaque des Robots (2:05)
  20. La Longue Marche (2:16)
  21. Les Fusées (2:20)
  22. Générique (2:07)
  23. Strip Tease (2:24)
  24. Méditation des Enfants (1:33) 
  25. La Vieille Meurt (0:46)

http://www.dailymotion.com/video/x4tmjq

 


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