Conrad Schnitzler – Con Repetizione (1994)

Pochette de Con Repetizione de Conrad Schnitzler::Critique rédigée par Frank Boisgontier:: La carrière de Conrad Schnitzler est dès plus impressionnante. Que ce soit au sein de Tangerine Dream, de Kluster ou en solo, ce musicien né en 1937 n’a jamais cessé, depuis le milieu des années 60, de créer une musique toujours très expérimentale et souvent basée sur l’utilisation d’instrument électroniques.

« Con Repetizione », paru en 1994, comporte deux pistes de trente minutes chacune, sobrement appelées « Part 1 » et « Part 2 », dans cette grande tradition initiée par la musique électronique (au sens très large) des années 70.

Avec cette œuvre, Conrad Schnitzler s’inscrit très nettement dans la mouvance « répétitive » dont les pionniers s’appellent La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass ou Steve Reich. « Con Repetizione » est même très proche des expérimentations des années 70 de ce dernier: à l’instar de « Six Pianos », un chef d’œuvre de Reich, les deux morceaux se composent d’une superposition de motifs mélodiques qui se superposent, s’intercalent et se répondent.

 


> Une musique électronique pas « évidente »  

 

 


Conrad SchnitzlerOn pourrait ainsi résumer ces deux morceaux par une formule assez simple : « c’est toujours la même chose, mais ça n’est jamais pareil ». Les deux morceaux évoluent constamment, au grè des changements dans les motifs, des inversions des temps et des notes. Le résultat est tout simplement bluffant de technicité et d’effet hypnotique. 

D’un point de vue instrumentation, Schnitzler fait là aussi dans le minimalisme : la première partie est entièrement jouée au piano acoustique, la seconde au synthé. Résultat : s’ils sont proches sur la forme, ces deux morceaux diffèrent complètement, sont tout à fait complémentaires et prouvent toute l’étendue du talent de ce pionnier septuagénaire.

C’est un disque que je recommande donc très chaudement. Certes, on est là très éloigné des œuvres grand public d’un JMJ, d’un Vangelis ou d’un Space. Avec Schnitzler, on s’éloigne de toute velléité commerciale auxquelles les musiciens pré-cités cèdent parfois.

Mais c’est là ce qui fait la richesse de la musique électronique et, par extension, de la musique dite « contemporaine », qui se traine une sale (mais parfois méritée) réputation de musique élitiste. Oui, « Con Repetizione » est un disque moins évident que « Oxygène » ou « Space Opera », mais parfois, il faut oser se risquer à laisser traîner ses oreilles dans des contrées musicales inconnues. J’en suis la preuve vivante : quand j’ai acheté ce disque, en 1994, je n’avais pas la moindre idée de ce à quoi je m’attendais, mais il m’avait été recommandé. J’aurais pu être déçu ou rebuté, mais il s’avère que je ne l’ai pas été. Comme quoi…

 

 


> Tracklist 

 

 


 

  1. Con Repetizione Part 1 (29:18)
  2. Con Repetizione Part 2 (30:01)
 


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