Archives pour la catégorie Avant-gardes

Conrad Schnitzler – Con Repetizione (1994)

Pochette de Con Repetizione de Conrad Schnitzler::Critique rédigée par Frank Boisgontier:: La carrière de Conrad Schnitzler est dès plus impressionnante. Que ce soit au sein de Tangerine Dream, de Kluster ou en solo, ce musicien né en 1937 n’a jamais cessé, depuis le milieu des années 60, de créer une musique toujours très expérimentale et souvent basée sur l’utilisation d’instrument électroniques.

« Con Repetizione », paru en 1994, comporte deux pistes de trente minutes chacune, sobrement appelées « Part 1 » et « Part 2 », dans cette grande tradition initiée par la musique électronique (au sens très large) des années 70.

Avec cette œuvre, Conrad Schnitzler s’inscrit très nettement dans la mouvance « répétitive » dont les pionniers s’appellent La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass ou Steve Reich. « Con Repetizione » est même très proche des expérimentations des années 70 de ce dernier: à l’instar de « Six Pianos », un chef d’œuvre de Reich, les deux morceaux se composent d’une superposition de motifs mélodiques qui se superposent, s’intercalent et se répondent.

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Silver Apples, bidouille and Coxe

Simeon Coxe III, de Silver ApplesTrois ans et deux albums. Et pourtant, avec une existence aussi éphémère, Silver Apples (à ne pas confondre avec Silver Apples of the Moon, un morceau de Morton Subotnick) est un des groupes les plus renommés de l’histoire des musiques électroniques. Il faut d’emblée préciser que la création de Silver Apples remonte à 1967. On tient là le « Velvet Underground de l’électro » eu égard au berceau commun, New York.

Ce groupe d’avant-garde se constitue du binôme Simeon Coxe III dit Simeon (narrateur et synthétiste) et du chanteur/batteur Danny Taylor. Simeon Coxe est un artiste originaire d’Alabama, passé par la Nouvelle Orléans, est a officié dans les galeries d’art de Big Apple (le surnom de New York) en solo, fait quelques piges de journaliste, puis pris part à plusieurs groupes rock alternatifs avant de rencontrer son futur partenaire. Silver Apples a débuté à New York, sous le nom The Overland Stage Electric Band, une formation rock psychédélique qui officie dans un petit bar. La singularité de Coxe a fini par éloigner tous les membres, excepté Taylor. Le groupe tire son nom d’un poème de William Butler Yeats, The Song of the Wandering Aengus.

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Suzanne Ciani – Synthissimo

Suzanne Ciani et le synthétiseur BuchlaSuzanne Ciani (née le 4 juillet 1946) est une des figures tutélaires de la pratique du synthétiseur et une des rares figures féminines de cet art, avec Wendy Carlos. Ceci est principalement le fait de sa rencontre avec Don Buchla, le père du synthétiseur du même nom, tandis qu’elle étudiait la composition à Berkeley. C’est grâce à Buchla que Ciani s’ouvrit à la musique électronique, elle qui entreprit un parcours de pianiste classique. Aujourd’hui ayant pris le tournant new age, elle marrie acoustique et électronique.

L’éveil de Suzanne à la musique se déclenche lorsque sa mère fait tourner Mozart, Beethoven et Bach sur ses tourne-disques. Troisième d’une lignée de six enfants, élevé dans une famille fortuné (son père est un chirurgien réputé), Suzanne caresse très vite – à cinq ans – les touches d’ivoire dévolus à sa sœur aînée. La jeune fille fait le rejet de son premier professeur de piano, qui escamote ses possibilités. Pendant plusieurs années avant de reprendre des cours à Boston, elle se forme en autodidacte.

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Interview d’Hubert Michel (musique acousmatique)

Hubert MichelHubert Michel, le compositeur français de musique acousmatique, a gentiment accepté de répondre à mes questions et de parler de son parcours et de son actualité. Où l’on apprend tout un tas de choses sur  l’électro-acoustique, les arts vivants, et bien d’autres choses encore !


En attendant Jarre : Hubert, tu vas présenter deux de tes œuvres au festival Synthetic de Rouen, le dimanche 19 avril 2009.
Peux-tu nous dire de quoi il s’agit ?


Hubert Michel : Il s’agit de deux musiques acousmatiques. Pour ce genre musical, il n’y a pas grand chose à voir (ce n’est pas très pertinent de voir quelqu’un bouger des boutons), mais tout à imaginer. Je propose à l’auditeur un voyage dans son imaginaire, c’est à lui de se faire le film dont je propose la bande son. Pour accompagner ce voyage intérieur, je multiplie les sources sonores. Le public est entouré d’enceintes. Ma musique est spatialisée. C’est pourquoi j’appelle cela un concert de Hauts parleurs. Le terme officiel pour un ensemble de hauts parleurs destinés à la mise en espace du son est « acousmonium« . C’est en quelque sorte l’instrument pour jouer les musiques acousmatiques.

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Harold Budd, sorcier de l’ambient

Harold Budd dans les pyasages qu'il apprécientCelui que je vais vous présenter n’est pas une rock star, ne fait pas rugir les Minimoog, et pourtant, ce sexagénaire a toute sa place dans le paysage « ambiant » (et  »ambient »)des musiques électroniques. Mais de qui s’agit-il, me direz-vous ?

Eh bien, il s’agit d’Harold Budd, ce génial compositeur américain né en 1936, en Californie. Le désert près duquel il a grandi et plus particulièrement le bruit du vent chaud qui souffle dans les câbles électriques sont ses premiers souvenirs d’émotion musicales. Très vite, il se passionne pour le jazz, à tel point qu’il rêve de jouer avec John Coltrane. Il joue de la batterie pendant son adolescence et son service militaire au sein de diverses formations amateurs. Puis, il étudie la théorie et l’histoire de la musique au Los Angeles Community College. Il est diplômé en composition dans cette université en 1966.

Dans les années soixante, il se consacre aux expérimentations sonores dans la veine de John Cage et La Monte Young. Il produit alors de la musique répétitive et aux style de musique « drone » : clusters, notes tenues, etc. En 1970, il obtient une chaire de professeur dans l’établissement pluridisciplinaire fondé par Walt Disney, le California Institute of Arts, dont il va représenter le cheval de troie de l’avant-garde. Sa devis est la suivante : « Faire que ma musique soit aussi belle que possible à chaque instant ».

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Cluster, voyage au bout du bruit (1969-1989)

Le groupe ClusterVoici la première partie de la biographie d’un des groupes les plus respectés en musique électronique : Cluster ! Il se compose de façon atomique sur le dup Hans-Joachim Roedelius et Dieter Moebius (photo ci-contre). L’histoire de Cluster prend naissance au sein du mythique Zodiak Arts Free Lab de Berlin, en 1967, lieu que Hans-Joachim Roedelius (né en 1934), Boris Schaak et Conrad Schnitzler (né en 1937) fondent. C’est dans cette scène ouverte que se font et se défont les groupes d’avant-gardes allemands. En 1969, Dieter Moebius (né en 1944) et Schnitzler, qui se connaissaient pour être camarades à l’école des Beaux-arts de Düsseldorf s’associe à Roedelius pour former le groupe Die Klusters (avec un « K ») ou Kluster. [NDLR : Un artiste electronica suèdois du nom de Michael Pettersson s'est approprié ce nom depuis 2000]. 

Sur scène, le trio expérimente les procédés d’amplification et de dissonances (d’où le nom du groupe), avec des objets du quotidien et toute une panoplie d’instruments acoustiques. Mais les premiers enregistrements de nos mousquetaires du bruit de casserole sont le fruit d’une inspiration divine. Un organiste d’église audacieux leur commande deux albums pour évangéliser grâce à la « Neue Musik », en intégrant des textes religieux en forme d’intro de chaque morceau. Ainsi naissent leurs deux premiers albums, parus en 1969 et 1970 Klopfzeichen et Zwei-Osterei sont pressés chacun à seulement 300 exemplaires.

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Tonto’s Expanding Head Band, toujours en tête

Tonto's expanding head bandTonto’s Expanding Head Band est un duo de musique électronique, auteur de seulement deux véritables disques, Zero Time (mars 1971) et It’s about time (1974). «T.O.N.T.O.» est l’acronyme pour «The Original New Timbral Orchestra».

Il se compose de deux programmeurs / ingénieurs du son : l’anglais Malcom Cecil et l’américain Robert Margouleff. Ces deux comparses se rencontrent à New York.

En plus de sa proximité avec la bande d’Andy Warhol dans « the factory », Robert Margouleff était un proche de Robert Moog. C’est par ce biais qu’il a eu propriété rapidement de deux gros synthétiseurs Moog modulaires série III qu’utilisait Walter/Wendy Carlos. Sur la base de cet appareil, Cecil développa en un vaste ensemble un synthétiseur polyphonique (avec des modulaires concurrents ARP notamment, et les premières machines japonaises), qui prendra le nom de « Tonto Synthesizer ».

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