Archives pour la catégorie Avant-gardes

Histoire de la musique électronique (1/4)

« Ce n’est pas la musique qui est électronique, ce sont les instruments qui le sont ».

Jean-Michel Jarre.

Bienvenue dans la première partie de cette histoire de la musique électronique simplifiée, qui devra en compter quatre.


> Des instruments à contre-courant


Un exemplaire du télégraphe musicalLorsque l’on se penche sur la liste d’instruments qui ont façonnés l’histoire de la musique électronique, on est fasciné par sa longueur et sa multiplicité. Au point de vouloir s’intéresser à ceux qui ont contribué à former des instruments aujourd’hui oubliés. L’autodidacte américain Elisha Gray est l’inventeur du « télégraphe musical » en 1876. Ce petit clavier débouche sur une série de cornets (haut-parleurs). C’est ni plus ni moins que l’ancêtre du synthétiseur, basé sur le contrôle du son par voltage discontinu, autrement dit l’oscillateur électrique. Malheureusement, comme pour le brevet du téléphone qu’il abandonne à l’italien Antonio Meucci, Gray ne connaîtra pas un destin à la hauteur de ses travaux parallèles à ceux de son compatriote Thomas Edison. Il est intéressant de constater qu’Edison, qui a conçu le phonographe, l’a fait pour aider à la dictée et non dans un but musical.

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Le tube Popcorn

Le Pop Corn original figure sur l'album Music to moog by, de Gershon KingsleyLa version originale de Pop Corn fut l’oeuvre de Gershon Kingsley, musicien issu du conservatoire de Los Angeles. Ce fils de juif allemand et de mère polonaise est un ami de Jean-Jacques Perrey et Robert Moog depuis 1964, et ensemble ils se passionnent pour les possibilités de manipulation des bandes magnétiques. Mais avec le modulaire Moog et le triomphe de l’album de Wendy Carlos interprétant Bach à son aide, Kingsley veut son propre quart d’heure de gloire (en l’occurence, ses 2’24 !). Quant à la chanson Pop Corn (oui, on dit souvent chanson pour désigner un instrumental), elle a été composée pour les besoins de son album solo Music to moog by en 1969. Cet album est une collection de titres aux belles mélodies, des compos originales, une reprise de son compagnon de studio Paul Simon, des reprises de Lennon/Mc Cartney plus quelques morceaux issus du classique, comme La lettre à Elise de Beethoven. Mais de ces dix titres qu’on peut qualifier de kitsch, aujourd’hui, un seul s’imposera comme un hit imparable. 

 


 > 1969 à 1972 : la gestation

De l’aveu de son concepteur, il ne s’agit (que) d’une mélodie composée en trente secondes, et d’un morceau composé en quelques minutes. Du reste, le titre « Pop Corn » laisse voir une distance ironique dans sa conception. Mais l’attrait du Moog des débuts balaie toute contestation : le morceau a un potentiel pop. En 1970, Kingsley forma le groupe the First Moog Quartet, donna des concerts dans des salles prestigieuses, telles le Carnegie Hall. et ce morceau était leur rappel, ce qui leur donna l’envie de publier l’album Pop Corn en 1972, en agrémentant le morceau d’effets électroniques supplémentaires.  

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Robert Moog, le premier luthier électrique

Robert MoogRobert (Bob) A. Moog, né en 1934, est l’une des personnalités les plus incontournables dans le développement des synthétiseurs. Concepteur et réparateur (car à l’époque des années analogiques les deux sont liées) de lutherie électronique, on lui doit quelques-uns des claviers électroniques les plus fameux dans les années 70 et 80, dont le Minimoog.
Sa passion pour la « fabrication » de la musique électronique est ancrée en lui. Ingénieur en électricité, aux côtés de son père, il répare des Theremin, instrument qu’il va d’ailleurs modifier ultérieurement, en lui greffant un transistor. Après ses études, il créé la société R.A. Moog en 1953 dans les environs de New York, où il fabrique des Theremins en pièces détachées.

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Pierre Henry, le son pour le son

Pierre HenryNé en 1927, Pierre Henry est l’élève d’Olivier Messiaen (prof d’harmonie), de Félix Passeronne et de Nadia Boulanger (prof de composition) au Conservatoire de Paris.

Il sera timbalier au sein de l’Opéra de Paris, et c’est à ce titre qu’il fait la rencontre qui décidera de sa vie…

Il rencontre Pierre Schaeffer au sein des studios de Radio et Télévision Française (RTF, l’ancêtre de Radio France), et les deux hommes travaillent ensemble à la Symphonie pour un homme seul (1949 à 1950), première oeuvre longue durée de musique concrète gravée sur vinyle. Entre 1951 et 1953, ils créent ensemble Orphée qui sera le premier opéra électro-acoustique au monde, reprise par Béjart. Béjart et Henry collaboreront ensemble d’une manière assez suivie à partir de là.Henry et Schaeffer ne partageait pas les même finalité des expérimentations sur bandes magnétiques, et ainsi, il se séparèrent musicalement, en 1959.

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Initiation au Krautrock

Voici la critique d’un petit livre très complet et très vivant de Julian Cope : Krautrock sampler aux Editions Kargo & l’éclat (213 pages, 15 euros), traduit par Olivier Berthe. On y trouve toute la passion expressive d’un musicien à l’égard de ses contemporains.

Julian CopeJulian Cope, musicien de krautrock, chanteur notamment de The Teardrop Explodes, nous plonge dans ce phénomène musical singulier qui s’est déroulé en Allemagne de l’Ouest avec la génération de l’après-guerre. Dans les années soixante, le génie de Karlheinz Stockhausen, élève d’Olivier Messiaen, et ses pièces électro-acoustique comme « Hymnen » ou « Kontakte » le font monter au statut d’icône de toute une jeunesse branchée, forcément branchée.

Le mot « krautrock », ou « rock-choucroute », vient d’un article de la presse musicale anglaise, qui a détourné ainsi les paroles d’un des titres de l’album Psycheledic Underground d’Amon Düül. Ce groupe déjanté donna le ton pour toute la scène des expérimentateurs teutons, autour de l’an de frasque de 1969. Tétanisés par le rock anglo-saxon, « les jeunes allemands avaient besoin de leur propre rock n’roll ». Quelques-unes des personnalités majeures de la musique électronique ont été à la source partie prenante de ces expériences psychédéliques. L’envie de conquérir le monde était présente chez la plupart, et une majorité d’entre eux sont malheureusement méconnus en France.

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Wendy Carlos – Une femme peu classique

Photo récente de Webdy CarlosWendy Carlos est une personnalité à part dans la musique électronique. Né à Rhode Island en 1939, pionnier du genre dans les années 50, Walter Carlos (de son nom et son genre d’origine) a popularisé l’utilisation du synthétiseur au plus haut niveau mondial. Ses études ont mêlées musique et physique. Il a créé son propre studio de musique électronique dès l’époque reculé de la synthèse naissante, avec des bandes magnétiques enregistrées. Ami(e) de plus de quarante ans de Robert A. Moog, le célèbre inventeur du clavier du même nom, Walter utilise l’un des premiers Moog pour interpréter des grandes pièces pour clavecin ou clavicorde de la musique classique, essentiellement  du XVIIIe siècle.

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Pierre Schaeffer, le maître de Jarre

Pierre Schaeffer, pionnier de la musique électronique.Pierre Schaeffer est d’une importance essentielle pour le jeune musicien, mais aussi pour un pan entier de la théorie de la musique. Je vais tenter de revenir quelques instants sur sa riche carrière, sans trop vous bourrer la tête de date.

Polytechnicien, résistant pendant la deuxième guerre mondiale, période à laquelle il entre à la radio, Schaeffer s’intéresse aux procédés d’enregistrement de la musique extrêmement vite. Le premier ouvrage de ses études, intitulé « Etudes des bruits », est édité dès… 1948, deux ans avant la création du GRMC (Groupe de Recherches Musicales Concrètes) en 1951, l’ancêtre du GRM, dont se sera la nouvelle appellation en 1958.

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