Archives pour la catégorie CD / Divers

The Residents – « Eskimo » (1979)

The Residents - Eskimo..::Article rédigé par Frank Boisgontier::.. Il n’y a pas, dans l’histoire du rock, de groupe plus énigmatique que The Residents.

Pour commencer, on ne sait pas exactement quand et où ils se sont formés. Sans doute dans les années 60, probablement en Louisiane. Qui compose le groupe ? Personne n’en sait rien. Les seuls noms dont on dispose sont ceux d’un certain « FingerSnake » (qui s’appellerait Phil Litman) et d’un N. Senada dont l’existence même n’est pas sûre. Et ne comptez pas sur les photos du groupe ou leurs prestations scéniques pour en savoir plus : ils n’apparaissent que masqués et ont opté depuis trente ans, pour un costume scénique unique : costume noir en queue de pie, haut de forme, et tête entièrement cachée dans un globe oculaire. Côté mystère, des groupes comme Space et Daft Punk peuvent donc aller se rhabiller…

Quand le groupe envoie ses premières bandes enregistrées au début des années soixante dix à la Warner, la firme les refuse poliment, puis se rend compte que l’expéditeur n’a pas donné de nom, ce qui les oblige à retourner les bandes « aux résidents » de l’adresse fournie… Le nom du groupe vient de là.

The Residents ont été parmi les premiers à faire des clips (ce qui leur valut d’être aussi parmi les premiers artistes à être diffusés sur MTV) et à publier des CR-ROM musicaux. La musique elle-même est à l’image du reste : hors-norme, avant-gardiste, expérimentale, osée, provocatrice (l’un de leurs premiers albums s’appelait « Third Reich Rock’n roll » et affichait des croix gammées sur la pochette), novatrice, jamais évidente mais néanmoins toujours audible. Citons « The Commercial Album », fait de 40 morceaux d’1 minute chacun, comme autant de spots publicitaires imaginaires, « Cube E », une rétrospective de l’histoire de la musique américaine, ou « Eskimo » qui fait l’objet du présent focus.

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M/A/R/R/S – Pump up the volume (1987)

MARRS Pump up the volume« Pump up the volume »: Voici une des contributions anglaises les plus emblématiques des débuts de la technique du sampling appliqué à la dance music.

En 1987, dans la compagnie de disques 4AD, un groupe indépendant, les groupes Colourbox (fondé par les frères Young, Martyn et Steven) et le duo AR Kane (Alex Ayuli et Rudy Tambala à la base) travaillent chacun de leur côté pour créer le single « ultime » d’un genre initié par Coldcut, sous la surveillance de John Fryer, le producteur aguerri du studio Blackwing sur London Bridge.

L’acronyme M/A/R/R/S provient donc des initiales des noms des musiciens associés au sein du projet à un coup : Martyn Young (coproducteur), Alex Ayuli, Rudy Tambala, Russell Smith (les trois membres d’AR Kane à l’époque), et enfin Steve Young (de Colourbox).

Colourbox tire le nom de son single à succés d’un sample du titre a capella d’Eric B. & Rakim, « I know you got soul« . Avec des samples de DJ Dave Dorell et des scratches de Chris Macintosh, le morceau trouvait toute sa dimension. Et les deux compères repartaient des studios Blackwing, avec 200 malheureuses livres en poche sans savoir qu’ils venaient de participer à l’acte de naissance de la house music minimale avec sévère retour sur investissement. Quant au trio d’AR Kane, simple supplétifs, il assureront ce qui sera la face B du premier disque, Anitina (The First Time I See She Dance), avec Steve Young à la programmation rythmique, mais qui restera aux portes de l’histoire de la musique. AR Kane toutefois, apporta quelques retouches au travail de Colourbox (en incorporant un riff de guitare), et vice versa, ce qui posera des problèmes financiers par la suite.

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Daniel Miller – T.V.O.D. (1978)

The Normal TVODVenu d’une école d’art, l’anglais Daniel Miller s’intéresse à la musique électronique au milieu des années 70. Après avoir exercé la profession de DJ, il revient en Angleterre. Guitariste dans des micro-groupes, il baigne dans l’énergie « no future » de cette époque. Mais, rapidement, la vague punk ne trouve plus grâce à ses yeux, pas assez expérimentale. Ses références sont toutes d’outre-rhin : Can, Neu!, Faust et Kraftwerk. Il dit lui-même qu’à cette époque il n’achetait que des disques en provenance d’Allemagne.

Ses études en cinéma (il fait du montage vidéo) lui permettent de faire quelques économies. Si bien qu’en 1977, il acquière un synthétiseur Korg 700S et un magnétophone 4 pistes. Il se met à composer à son domicile un certain nombre de musique, parmi lesquels on trouve T.V.O.D. et Warm Leatherette.

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Conrad Schnitzler – Con Repetizione (1994)

Pochette de Con Repetizione de Conrad Schnitzler::Critique rédigée par Frank Boisgontier:: La carrière de Conrad Schnitzler est dès plus impressionnante. Que ce soit au sein de Tangerine Dream, de Kluster ou en solo, ce musicien né en 1937 n’a jamais cessé, depuis le milieu des années 60, de créer une musique toujours très expérimentale et souvent basée sur l’utilisation d’instrument électroniques.

« Con Repetizione », paru en 1994, comporte deux pistes de trente minutes chacune, sobrement appelées « Part 1 » et « Part 2 », dans cette grande tradition initiée par la musique électronique (au sens très large) des années 70.

Avec cette œuvre, Conrad Schnitzler s’inscrit très nettement dans la mouvance « répétitive » dont les pionniers s’appellent La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass ou Steve Reich. « Con Repetizione » est même très proche des expérimentations des années 70 de ce dernier: à l’instar de « Six Pianos », un chef d’œuvre de Reich, les deux morceaux se composent d’une superposition de motifs mélodiques qui se superposent, s’intercalent et se répondent.

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Brian Eno – Nerve Net (1992)

Pochette de Nerve Net de Brian Eno (1992)..::Critique rédigée par Frank Boisgontier::.. Brian Eno a toujours été à l’avant-garde de la musique électronique. Que ce soit au sein de Roxy Music au sein duquel il faisait passer tous les instruments du groupe à la moulinette de son VCS3, en duo avec Robert Fripp, Cluster, Harold Budd ou David Byrne ou en solo, comme musicien ou comme producteur, Eno a toujours chercher à avancer, aller là où les autres ne pensaient pas (ou n’osaient pas) aller. L’influence de ses travaux sur la musique électronique (et bien au-delà) est énorme, de l’ambient jusqu’aux délires sonores du «Achtung baby» de U2. Pourtant, jamais Eno ne s’est reposé sur ses lauriers ou, contrairement d’un Phil Spector ou, à une certaine époque, de Trevor Horn (Art Of Noise, Frankie Goes To Holywood, Yes…), il ne s’est enfermé dans sa tour d’ivoire.

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John Foxx – Metamatic (1980)

Pochette de Metamatic, de John Foxx (1980)Metamatic est le Premier album solo de John Foxx, un an après son départ du groupe Ultravox, lassé des tournées. C’est l’attrait des synthétiseurs qui forge le nouveau son de Gary Numan. A quelques mois d’intervalles près (janvier 1980 contre septembre 1979) avec Gary Numan, ce disque chez Virgin n’est le premier du courant synthpop (ou pop électronique) publié en Angleterre, mais bien le deuxième, même si monsieur Foxx clame le contraire sur son site web. Mais à l’instar de The Pleasure Principe, les thèmes développés sont très gémellaires. Ils traitent l’un comme l’autre de la déshumanisation du monde (le « passage à l’état liquide par la pression de l’extérieur ») et l’entrée dans l’ère de l’électronique, massivement influencé en cela par la philosophie de The Man-Machine (le clip de « He’s a liquid » avec ses looks androgynes et cravatés) et les sons tranchants de Trans-Europe Express de Kraftwerk. Le nom de l’album fait référence à une sculpture éponyme de l’artiste français Jean Tinguely.

Les lectures de Foxx – et notamment celles de John Ballard et son roman Crash (1973) – l’amène à développer une fixette morbide sur les fantasmes sexuels autour de la vitesse en voiture et les accidents automobiles. Plusieurs chansons épouse d’ailleurs ce thème particulier. La voix de Foxx est toujours détachée et le plus souvent débarrassée de tout affect. C’est un style qui sera pérenne pendant toutes les années 80.

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Larry Fast (a.k.a Synergy) / Cords (1978)

Cords de Larry Fast..::Critique rédigée par Frank Boisgontier::.. Larry Fast est au départ un ingénieur en électronique passionné de musique. Au début des années 70, il commence par se faire remarquer en mettant au point des modules additionnels pour les synthétiseurs modulaires Moog, au point d’attirer l’attention de Rick Wakeman, le « monsieur synthé » de Yes. De fil en aiguille, il se retrouve à devenir un collaborateur régulier en studio et su scène de Peter Gabriel, quand celui-ci se lance dans une carrière solo après on départ de Genesis. C’est notamment avec Fast que Gabriel expérimente à tout va avec le fameux Fairlight CMI dont il fut le premier acquéreur. Les deux hommes cessent de collaborer au moment de l’enregistrement de «So», quand la musique de Gabriel prend une orientation «world» qui ne correspond pas aux attentes de Fast.

Parallèlement à ses activités avec Peter Gabriel, Larry Fast a, dès le milieu des années70, monté son propre groupe, Synergy. Un groupe dans lequel il est… tout seul, une démarche motivée par une phrase de Robert Fripp qui, en 1974, après avoir dissout (temporairement) King Crimson, avait déclaré que l’époque des groupes était révolue et que l’avenir était aux « petites unités mobiles et intelligentes ». Le « groupe » Synergy de Larry Fast dépassait au départ le simple cadre de la musique, puisqu’il voulait en faire un véritable projet multimédia (musique, vidéo, fabrication d’instruments et de logiciels, etc).

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