Archives pour la catégorie Krautrock

Ash Ra Tempel et Manuel Göttsching (1/2)

Ash Ra TempelAsh Ra Tempel est un groupe de musique cosmique fondée en août 1970 par Manuel Göttsching, Harmut Enke et Klaus Schulze. Le premier groupe de Göttsching et Enke, avec Wulf Arp, s’appait lui le Steeple Blues Band. Après avoir rencontré Thomas Kessler, Göttsching eu vent du lieu emblématique de l’underground, le beat studio de Berlin. Car avant de s’appeler Ash ra Tempel, le trio avait aussi composé un groupe éphémère nommé Eruption, avec Conrad Schnitzler (que Schulze avait rencontré lors de son passage chez Tangerine Dream). La composition d’Ash ra Tempel, puis d’Ash Ra variera au fil du temps avec l’adjonction de nombreux collaborateurs de la scène allemande.Ash Ra Tempel est l’un des représentants les plus puissants du courant space-rock des années 70.

Leur premier album éponyme, produit par l’un des meilleurs ingénieurs du son de l’époque, Konrad Plank, sort en 1971. Comme ce sera le cas très souvent avec le groupe, les disques d’Ash Ra Tempel se composent en général de deux longues pistes sur ses deux faces. Et celui est totalement instrumental, avec des moyens sommaires mais une grande créativité. Klaus Schulze, craignant d’être étouffé dans ce nouveau groupe, s’en éclipse dès la sortie du premier album, remplacé à la batterie par leur ancien partenaire Wolfgang Mueller. L’album suivant, toujours chez l’éditeur Rolf-Ulrich Kaiser, Schwingungen comprend les parties chantées de John L et Rosi Müller (la petite amie de Göttsching).

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Manuel Göttsching – E2-E4 (1981, 1984)

Pochette de l'album E2-E4 de Manuel GöttschingVoici un album particulièrement important dans l’histoire de la musique électronique. E2-E4 est une pièce de musique enregistrée le 12 décembre 1981 au studio Roma de Berlin au cours d’une heure de session d’enregistrement avec des séquenceurs, une guitare électrique, une boîte à rythmes et divers effets électroniques. Il se compose d’une seule piste, entièrement live, sans retouches, divisée en 9 morceaux. Son nom et le visuel de son pochette font référence à un mouvement d’ouverture dans le jeu d’échecs, dont Göttsching était friand. Certains critiques ont aussi pu assimiler le titre à une ligne de programme d’ordinateur (Göttsching ayant une formation en informatique) ou un clin d’œil au célèbre robot de la Guerre des Etoiles, R2-D2. Ce disque, premier sous son nom et consécutif au démantèlement d’AshRa, en parfait représentant de la musique électronique minimaliste, ne comporte que deux accords, par-dessus lesquels vient se greffer ce qui ressemble fort aux premiers pas de la musique house. Et de fait, quand on écoute l’album aujourd’hui, impossible de dater de… 1981.

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Origin of Supernatural Probabilities de Tangerine Dream (1972)

MusicologieCet article est basé sur l’analyse de Pierre Malle faite en 2003 dans son mémoire de musicologie sur la musique électronique des années 70. La totalité de son travail est disponible à la bibliothèque de Tours. Il a accepté d’en faire une version simplifiée et d’expliciter tous les termes techniques pour une meilleure compréhension…

La musicologie est une discipline scientifique qui étudie les phénomènes en relation avec la musique, dans leur évolution (histoire des idées et des théories musicales) et dans leur rapport avec l’être humain et la société, domaines plus particulièrement abordés par l’ethnomusicologie et la sociologie de la musique. Son caractère scientifique la fait se distinguer de la musicographie. (Wikipédia) 

Pour commencer, quelques éléments sur l’album Zeit. Cette pièce est extraite du double album Zeit de Tangerine Dream, premier fruit de sa toute nouvelle formation : Edgar Froese, le fondateur du groupe, s’adjoint les services de Peter Baumann, jeune claviériste berlinois, en plus de Christopher Franke, déjà présent sur leur précédent opus Alpha Centauri. Pressé à l’origine sur deux disques vinyle, il comprend quatre pièces. La durée de chacune, dépassant largement le quart d’heure, constitue une des caractéristiques essentielles du courant “cosmique” dans lequel le groupe s’inscrit en 1972. Tournant définitivement la page des formats courts du rock des années 60, cette notion est relayée par le titre du disque, Zeit signifiant “temps” en allemand.

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Conrad Schnitzler

Conrad Schnitzler..::Article rédigé par Etiennefroes::.. Ce créateur aux multiples facettes (sculpteur, musicien, écrivain, peintre, cinéaste, vidéaste, photographe…) est né en 1937 à Düsseldorf. Il est un admirateur de John Cage, Pierre Schaeffer et Kharlheinz Stockhausen.

C’est à 14 ans que Conrad Schnitzler a la révélation de sa vie musicale en entendant une composition de Kharlheinz Stockhausen. Et pourtant même s’il baigne dans un monde musical puisque son père est un musicien de renom, il ne s’engage pas tout de suite dans cette voie. Il est attiré par tous les arts.

Il commence donc par suivre des études d’arts plastiques à l’Académie des Arts de sa ville natale où il bénéficie de l’enseignement de Joseph Beuys.

Il est un véritable nomade de la scène électronique allemande à la fin des années 60. C’est à cette époque qu’il fonde le Zodiac Club, qui devient très vite un des hauts lieux de la création musicale d’avant-garde. Des groupes comme « Ash Ra Tempel », « Amon Düül » ou « Agitation Free » y feront leur première apparition sur scène.. En 1969, il rencontre Edgar Froese et croit percevoir en lui la même passion pour la musique expérimentale. Il rejoint donc Tangerine dream. « Electronic mediation » est enregistré. Mais Conrad Schnizler, plein d’absolu, s’éloigne peu à peu de Tangerine dream dont il doute de l’ancrage dans la musique expérimentale.

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Christoph Franke, pleine lucarne

christoph franke derrière (et devant) ses claviers..::Article rédigé par Etiennefroes::.. Christoph Franke (homonyme d’un entraîneur de football) est né à Berlin le 6 avril 1953 au cœur d’une famille musicienne où il peut entendre toutes sortes de musiciens aussi bien classiques que contemporains. Ainsi, tous les week-ends, un quatuor à cordes investit la maison familiale. Naturellement il va au conservatoire de Berlin où il étudie la musique classique et la composition. Il s’essaie tout d’abord au violon puis à la trompette tout en pianotant quelque peu. Les arts plastiques l’attirent aussi beaucoup. Il déclare en 1997 :  

« La Nature aurait voulu que je sois peintre, mais par accident, je suis devenu un musicien. Je me pense comme un peintre du son. Je me sens comme un peintre ou un sculpteur modelant des sons comme je le ferais avec du plâtre ou de la peinture. »

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Cluster, voyage au bout du bruit (1969-1989)

Le groupe ClusterVoici la première partie de la biographie d’un des groupes les plus respectés en musique électronique : Cluster ! Il se compose de façon atomique sur le dup Hans-Joachim Roedelius et Dieter Moebius (photo ci-contre). L’histoire de Cluster prend naissance au sein du mythique Zodiak Arts Free Lab de Berlin, en 1967, lieu que Hans-Joachim Roedelius (né en 1934), Boris Schaak et Conrad Schnitzler (né en 1937) fondent. C’est dans cette scène ouverte que se font et se défont les groupes d’avant-gardes allemands. En 1969, Dieter Moebius (né en 1944) et Schnitzler, qui se connaissaient pour être camarades à l’école des Beaux-arts de Düsseldorf s’associe à Roedelius pour former le groupe Die Klusters (avec un « K ») ou Kluster. [NDLR : Un artiste electronica suèdois du nom de Michael Pettersson s'est approprié ce nom depuis 2000]. 

Sur scène, le trio expérimente les procédés d’amplification et de dissonances (d’où le nom du groupe), avec des objets du quotidien et toute une panoplie d’instruments acoustiques. Mais les premiers enregistrements de nos mousquetaires du bruit de casserole sont le fruit d’une inspiration divine. Un organiste d’église audacieux leur commande deux albums pour évangéliser grâce à la « Neue Musik », en intégrant des textes religieux en forme d’intro de chaque morceau. Ainsi naissent leurs deux premiers albums, parus en 1969 et 1970 Klopfzeichen et Zwei-Osterei sont pressés chacun à seulement 300 exemplaires.

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Initiation au Krautrock

Voici la critique d’un petit livre très complet et très vivant de Julian Cope : Krautrock sampler aux Editions Kargo & l’éclat (213 pages, 15 euros), traduit par Olivier Berthe. On y trouve toute la passion expressive d’un musicien à l’égard de ses contemporains.

Julian CopeJulian Cope, musicien de krautrock, chanteur notamment de The Teardrop Explodes, nous plonge dans ce phénomène musical singulier qui s’est déroulé en Allemagne de l’Ouest avec la génération de l’après-guerre. Dans les années soixante, le génie de Karlheinz Stockhausen, élève d’Olivier Messiaen, et ses pièces électro-acoustique comme « Hymnen » ou « Kontakte » le font monter au statut d’icône de toute une jeunesse branchée, forcément branchée.

Le mot « krautrock », ou « rock-choucroute », vient d’un article de la presse musicale anglaise, qui a détourné ainsi les paroles d’un des titres de l’album Psycheledic Underground d’Amon Düül. Ce groupe déjanté donna le ton pour toute la scène des expérimentateurs teutons, autour de l’an de frasque de 1969. Tétanisés par le rock anglo-saxon, « les jeunes allemands avaient besoin de leur propre rock n’roll ». Quelques-unes des personnalités majeures de la musique électronique ont été à la source partie prenante de ces expériences psychédéliques. L’envie de conquérir le monde était présente chez la plupart, et une majorité d’entre eux sont malheureusement méconnus en France.

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